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dictionnaire:uanitas3 [2012/11/27 12:00]
garrido créée
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desiderio
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-<html><div class="titre">uānĭtās, -tātis f.</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>+<html><class="lestitres">uānĭtās, -tātis f.</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>  
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-----+====== 3. Distribution dans les textes au cours de la latinité ======
  
-====== 3. Distribution dans les textes ====== 
  
 +===== 3.0. Généralités =====
  
-===== 3.1. Distribution diachronique ===== 
  
 +==== 3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions ====
  
-//Cognoscere// est attesté tout au long de la latinité : on le trouve depuis le latin archaïque (Enn. (2), Pacuv. (2), Acc. (2), Pl. (23), Ter. (25), jusqu’au latin postclassique et tardif (Tert. (188), Vulg. (394), avec une fréquence extrêmement élevée (environ 12.000 occurrences jusqu’au V<sup>e</sup> siècle), sans trace de variation dans la fréquence d’emploi au long de son histoire((Les données quantitatives présentées –  qui restent approximatives – ont été calculées à l’aide de Library of Latin Texts. Series A (Brepols) et  Perseus Digital Library (Tufts University).)) ; cf. [[:dictionnaire:cognoscere3#3.4. Distribution par auteur, par œuvre|§ 3.4.]]). 
  
-^  Période  ^  Occurrences  | +Le mot apparaît pour la première fois dans le //Phormion//, pièce de Térence qui fut jouée en 161 av. J.-C. lors des //ludi Romani //:
-^III<sup>e</sup>-II<sup>e</sup> s. av. J.-C.|  64  | +
-^I<sup>er</sup> s. av. J.-C.|  1480  | +
-^I<sup>er</sup> s. ap. J.-C.|  593  | +
-^II<sup>e</sup> s. ap. J.-C.|  366  | +
-^III<sup>e</sup> s. ap. J.-C.|  328  | +
-^IV<sup>e</sup> s. ap. J.-C.|  3503  | +
-^V<sup>e</sup> s. ap. J.-C|  4372  |+
  
  
-Au cours de la latinité, //cognoscere// « apprendre à connaître, chercher à savoir » et « reconnaître » finira  par se substituer à la forme simple //noscere// et à la remplacer, avec le même sens d’« apprendre à connaître, connaître », pour passer dans les langues romanes (fr. //connaître//, esp. //conocer//, it. //conoscere//, port. //conhecer//, cat//conèixer//etc (cf[[:dictionnaire:cognoscere7|§ 7]]).+  *Ter. //Phorm. // 525-526 :\\ DO. […] //Non, uerum haec // (//dies////ei antecessit//.\\ AN. //Non pudet// /\\ //**Vanitatis**? //\\ « DorionNonmais le jour présent l’a précédé- Antiphon. Tu n’as pas honte de ta **désinvolture**? » (tradJ. Marouzeau, CUF, 1947)
  
-===== 3.2. Distribution diastratique ===== 
  
-//Cognōscere// relève du vocabulaire fondamental du latin à toutes les époques (ce qui est confirmé par sa fréquence très élevée durant toute la latinité)De ce fait, il n’est pas limité à un niveau de langue ou à un registre particulier et son emploi est généralisé : on le trouve aussi bien dans les genres élevés (Enn., Lucr., Cic., Virg., Ov., Tac., Gell., //etc//.) que dans les textes les plus proches de la langue parlée  familière de la conversation courante (Plaute, les lettres de Cicéron, et en particulier celles à Atticus, etc.)((À cet égard, le nombre limité des occurrences de //cognoscere// dans le //Satiricon// de Pétrone (2 occurrences) est surprenant.)).+==== 3.0.2Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité ====
  
-Cependant, //cognōscere// est nettement plus fréquent en prose((Ce qui pourrait laisser penser que le lexème comporte une nuance familière. Les données des œuvres versifiées sont les suivantes : Lucil. (4), Catul. (6), Virg. (17 : //En//. 7, //B.// 4, //G.// 6), Hor. (2), Pers. (2), Val.-Flac. (10), Stat. (12), Mart. (8), Juv. (4), Luc. (5). Le nombre des occurrences relevées chez Lucr. (39) s’explique par la thématique de son œuvre. Le cas d’Ovide est significatif également : en effet, bien que l’on observe la même tendance basse dans la plupart de ses œuvres (//Am.// : 8, //A.A.// : 5,  //H.// : 12, //Ib.// : 1), la proportion augmente dans les textes écrits lors de son exil, de nature épistolaire (//Pont.// : 9, //Tr.// : 18), ainsi que dans //F.// (15) et //M.// (46), en raison du caractère plus narratif de ces œuvres. Le cas de Sénèque est tout aussi significatif : alors que l’on relève le verbe seulement deux fois dans ses œuvres théâtrales, sa production philosophique en présente 33 occurrences (dont une grande partie dans ses //Epistulae ad Lucilium// ; sur ce sujet, cf. [[:dictionnaire:cognoscere3#3.4. Distribution par auteur, par œuvre|§ 3.4]]).)) qu’en poésie, à l’exception, naturellement, des pièces de Plaute et de Térence (cf. //supra//), puisque ces dernières, tout en mêlant des passages de niveaux de langue différents, offrent le plus souvent la langue de la conversation courante. En outre, l’importance  des scènes de reconnaissance dans la comédie peut avoir gonflé les occurrences du verbe dénotant, précisément, un procès de reconnaissance. 
  
-La préférence de //cognōscere // pour la prose apparaît clairement dans le genre historiographique (Liv. (113), Sall. (71), Nep. (34), Tac. (85), Suet. (36), //Corpus Caes.// (62)Curt. (62)Val.-Max. (63)), et tout spécialement dans l’œuvre de César (cf. [[:dictionnaire:cognoscere3#3.4. Distribution par auteur, par œuvre|§ 3.4]]).+//Vānitās  // n’a qu’une attestation en latin préclassique, mais il connaît depuis Cicéron un important développement jusque dans la littérature chrétiennenotamment chez Augustin : à partir du IV<sup>e</sup>siècle de notre èrele nombre de ses occurrences s’accroît au point qu’il devient un mot de très grande fréquencealors qu’il n’avait qu’une fréquence moyenne en latin classique et post-classique.
  
-Par ailleurs, dans le vocabulaire technique du droit, //cognoscere//, accompagné fréquemment des compléments //causam// ou //rem//, se spécialise((De manière notable par rapport à sa base (cf. G. HAVERLING, 1996, 408, n. 14). L’inclusion dans ce lexique technique est déjà perceptible à une époque archaïque (cf. Ter., //And.// 24 et le commentaire que lui dédie G. FOCARDI, 1972, 77-78) et ce jusqu’à une époque tardive (Ulp., //Dig.// 24, 1, 7, 5).)) dans le sens de « faire une enquête, instruire une cause », dénotant alors une étape préalable et indispensable à l’émission d’un jugement (cf. la présence de //iūdicāre// dans le co-texte) : 
  
-  *Cic//Att//16, 16, 8 : //(…) a consulibus (…) quibus et lege et senatus consulto permissum erat ut de Caesaris actis ‘**cognoscerent**, statuerent, **iudicarent** ’//\\ « (…) les consuls que la loi et le décret du Sénat ont autorisé à ‘enquêter, décider, se prononcer’ sur les actes de César. » (traduction J. Beaujeu, 1988, CUF)+==== 3.0.3Fréquence comparée des formes flexionnelles ====
  
-  *Liv. 26, 48, 8 : **//cognita//** //causa testibusque auditis//. \\ « après avoir instruit l’affaire et entendu les témoins » (traduction P. Jal, 1991, CUF) 
  
 +|  ^IIIe av. J.-C. – IIe ap. J.-C. ^IIIe-Ve siècle ap. J.-C. |
 +^Singulier ^  133  ^  1511  |
 +|  //uanitas//   \\  //uanitatem//  \\ //uanitatis//  \\ //uanitati//  \\ //uanitate//  |  30  \\ 28  \\ 19  \\ 5  \\ 44  |  349  \\ 356  \\ 247  \\ 184  \\ 375  |
 +^Pluriel ^  7  ^  218  |
 +|  //uanitates//   \\  //uanitatum//  \\ //uanitatibus//  |  5  \\ 0  \\ 2  |  102  \\ 54  \\ 62  |
  
-C’est pourquoi l’investigation judiciaire peut recevoir le nom de //cognitiō//, tandis que celui qu’on appelle //cognitor// est défini dans les termes suivants : 
  
-  *PFest49, 29 (Lindsay: //Cognitor est qui litem alterius suscipit coram ab eo, cui datus est//. \\ « Le //cognitor// est celui qui prend en charge le procès d’un autre par sa présence, en l’absence de celui à qui il a été attribué. »+===== 3.1Distribution diachronique (périodes d’attestation=====
  
-===== 3.3. Distribution diatopique ===== 
  
-Dans l’état actuel de notre documentation et de nos connaissances, il est difficile de déterminer l’existenceà certaines époques du latin de  variations diatopiques qui pourraient être considérées comme les premiers indices de la diversification en deux chaînes phonologiques attestée dans les langues romanes. Cf. [[:dictionnaire:cognoscere1#1.2Particularités phonétiques, phonologie|§ 1.2]] et [[:dictionnaire:cognoscere7#7.1.1Les faits attestés dans les parlers romans|§ 7.1.1]].+Le terme est attesté dans toute la latinité ; mais si l’adjectif positif correspondant//probus//est passé dans toutes les langues romanes à l’exception du roumain, il n’en est pas de même pour //improbus// (cf. [[:dictionnaire:improbus7|§ 7]] ). 
 + 
 + 
 +^Période ^Nombre d’occurrences | 
 +|III<sup>e</sup>-II<sup>e</sup>s. av. J.-C. |   | 
 +|I<sup>er</sup>s. av. J.-C. |  22  | 
 +|I<sup>er</sup>s. ap. J.-C. |  66  | 
 +|II<sup>e</sup>s. ap. J.-C. |  44  | 
 +|III<sup>e</sup>s. ap. J.-C. |  40  | 
 +|IV<sup>e</sup>s. ap. J.-C. |  480  | 
 +|V<sup>e</sup>s. ap. J.-C. |  1119  | 
 + 
 + 
 +===== 3.2. Distribution diastratique (diaphasique) ===== 
 + 
 + 
 +Au cours de la période classique et post-classique (du I<sup>er</sup>avJ.-Cjusqu’au II<sup>e</sup>ap. J.-C.), //uānitās// n’apparaît qu’en prose, jamais en poésie. Le seul ouvrage « technique » dans lequel il est employé est l’//Histoire naturelle// de Pline l’Ancien, où il est particulièrement bien représenté. 
 + 
 + 
 +On le trouve également dans les traités de philosophie et de rhétorique de Cicéron, Sénèque et Quintilien. 
 + 
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 +===== 3.3Distribution diatopique (dialectale, régionale) =====
  
  
Ligne 51: Ligne 66:
  
  
-• Période I. Plaute des origines à la mort d’Ennius+• Période I : 0
  
  
- Plaute  +^Plaute ^Livius Andronicus ^Naevius ^Ennius | 
-|  23  |+|  0  |  0  |  0  |  0  |
  
  
-• Période II. Térence de Caton à l’époque de Sulla+• Période II : 1
  
  
- Térence   Caton  +^Térence ^Caton ^Pacuvius ^Accius ^Caecilius ^Afranius ^Lucilius | 
-|  25  |   |+|  1  |  0  |  0  |  0  |  0  |  0  |   |
  
  
-• Période III. Cicéron la fin de la République (80-43)+• Période III : 22
  
-^  Cicéron  ^  César  ^  Salluste  ^  Varron  ^  Lucrèce  ^  Catulle  ^   
-|  889  |  215  |  71  |  10  |  39  |  6  | 
  
 +^Rhétorique à  \\ Hérennius ^Cicéron ^César ^Salluste ^Corpus césarien ^Cornelius Nepos ^Lucrèce ^Catulle ^Varron |
 +|  1  |  17  |  0  |  4  |  0  |  0  |  0  |  0  |  0  |
  
-• Période IV. Virgile : le siècle d’Auguste (43 av. JC-14 ap. JC) 
  
-^  Virgile  ^  Horace  ^  Ovide  ^  Tite-Live  ^  Vitruve  ^ +• Période IV : 11
-|  17  |  2  |  114  |  113  |  12  |+
  
  
-• Période V. Sénèque : la dynastie julio-claudienne+^Virgile ^Horace ^Properce ^Tibulle ^Ovide ^Tite-Live ^Vitruve | 
 +|  0  |  0  |  0  |  0  |  0  |  11  |  0  |
  
  
-^  Sénèque  ^ Lucain  ^  Celse  ^  Columelle  ^  Pline l’Ancien ^  Pétrone  ^  Quinte-Curce  ^  Valère Maxime  ^ +• Période V : 49
-|  36  |  5  |  39  |  18  |  34  |  2  |  62  |  63  |  +
  
-• Période VI. Tacite : des Flaviens à Trajan (69-117 ap. J.-C) 
  
-^  Quintilien  ^  Tacite  ^  Pline le Jeune  ^  Stace   Juvénal   Martial  ^  +^Sénèque  \\ le rhéteur ^Sénèque ^Lucain ^Pomponius  \\ Mela ^Velleius  \\ Paterculus ^Valère  \\ Maxime ^Quinte  \\ Curce ^Celse ^Columelle | 
-|  50  |  85  |  42  |  12  |   |   | +   10    |   |   |   |   |   |   |
  
-• Période VII. Apulée : Hadrien et les Antonins (117-192) 
  
-^  Apulée   Suétone  ^  Aulu-Gelle    +^Pline  \\ l’Ancien ^Pétrone ^Perse ^Phèdre ^Manilius | 
-|  73  |  36  |  52  |+ 34  |  1  |   |   |   |
  
  
-• Période VIII. Tertullien et l’Histoire auguste des Sévères à Constantin (193-337)+• Période VI 16
  
-^ Tertullien  ^  Minucius Felix  ^  Arnobe  ^  Histoire Auguste  ^  Cyprien  ^  Lactance  ^ 
-|  188  |  4  |  80  |  94  |  66  |  
  
 +^Quintilien ^Tacite ^Pline le Jeune ^Frontin ^Silius Italicus ^Stace ^Valerius Flaccus ^Juvénal ^Martial ^Lettres de Trajan |
 +|7 |1 |6 |16 |7 |33 |12 |0 |0 |23 |
  
-• Période IX : du milieu du IV<sup>e</sup>s. au début du V<sup>e</sup>, l’Empire après Constantin jusqu’à Honorius (337-423) 
  
 +• Période VII : 20
  
-^  Augustin  ^  Jérôme  ^  Ammien Marcellin  ^  Egérie  ^  Macrobe  ^  Donat  ^  Martianus Capella  ^  Ausone  ^ 
-|  3079  |  892  |  84  |  7  |  19  |  74  |  24  |  15  |   
  
-• Période X : du milieu du V<sup>e</sup> à la fin du VI<sup>e</sup>+^Apulée ^Aulu-Gelle ^Fronton ^Florus ^Pseudo-Quintilien ^Suétone ^Gaius | 
 +|  1  |  2  |  1  |  1  |  14  |  1  |  0  |
  
-^  Grégoire de Tours  ^  Priscien  ^ 
-|  233  |  27  | 
  
 +• Période VIII
  
-L’emploi technique dans la langue du droit, mentionné ci-dessus, explique l’usage élevé de //cognōscere// dans les discours judiciaires de Cicéron (environ 350 occurrences((Dont 80 occurrences sont représentées par la forme d’impératif pluriel (//cognoscite//), avec des fonctions discursives (cf. [[:dictionnaire:cognoscere4détaillé|§ 4.2]], n. 5 ) que montre aussi la forme du singulier, plus caractéristique des lettres, (//cognosce// : 22 occurrences).))). 
  
-La fréquence élevée de //cognoscere// dans le genre historiographique (mentionnée ci-dessus) s’explique, au vu du contenu sémantique de ce lexème (cf. [[:dictionnaire:cognoscere4détaillé|§ 4.2]]), par l’importance de l’information dans le déroulement des  guerres. De ce point de vue, le fait que l’œuvre de César présente la plus grande fréquence relative de toute l’époque analysée est significatif (//C//. (87), //G//. (131)).+^Tertullien ^Lactance ^Commodien ^Cyprien ^Minucius Felix | 
 +|  34  |  31  |  5  |  2  |  1  |
  
-Non seulement César recourt fréquemment à ce verbe au p.p.p. dans des ablatifs absolus plus ou moins formulaires, du type //quibus rebus cognitis//, //re// //cognita//, comme éléments de cohésion discursive en position initiale dans la phrase (dans le but de marquer le changement de propos et de faire avancer le récit), mais il emploie également des formes fléchies de //cognosco//, si fréquemment qu’on pourrait considérer ce lexème comme un trait de style de cet auteur. 
  
 +• Période IX
  
-Parallèlement, la rédaction de traités((Varr. (10), Her. (23), Vitr. (12), Cels. (39), Col. (18), Quint. (50), Plin., Nat. (34), Gell. (52).)) et l’écriture épistolaire représentent deux genres littéraires pour lesquels la transmission de l’information est prioritaire. La fréquence élevée de ce verbe, dont le contenu sémantique est cohérent avec cette finalité, n’est pas  surprenante dans ce type de textes. Cicéron apparaît de  nouveau ici comme l’auteur chez qui la fréquence de//cognōscere// est la plus élevée (traités philosophiques (294), lettres (278)). 
  
 +^Ambrosiaster ^Ambroise ^Augustin ^Vulgate ^Jérôme ^Ruffin traduisant Origène |
 +|  28  |  105  |  865  |VT 71 / NT 3 |  142  |  61  |
  
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