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dictionnaire:potentia4detaille [2012/04/17 17:37]
garrido
dictionnaire:potentia4detaille [2014/12/17 18:52] (Version actuelle)
desiderio
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-<html><div class="titre">potentia, -ae (f.) substantif</div></html> +<html><class="lestitres">potentia, -ae (f.)</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>  
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-  *Cic. //Amer//. 36((Voir aussi Cic.  Caecin . 22 :  //periculosas hominum potentias// (seule occurrence du lexème au pluriel chez Cicéron).)) : //Ego crimen oportet diluam, uos et audaciae resistere et hominum eius modi **perniciosam atque** **intolerandam potentiam** primo quoque tempore exstinguere atque opprimere debetis//.\\« Moi, il me faut démonter le grief tandis que vous, vous devez faire obstacle à l’audace, éteindre et écraser, à la première occasion, la **puissance néfaste et intolérable** d’individus de cette engeance. » (traduction F. Hinard, 2006, CUF)+  *Cic. //Amer//. 36((Voir aussi Cic.  Caecin . 22 :  //periculosas hominum potentias// (seule occurrence du lexème au pluriel chez Cicéron).)) : //Ego crimen oportet diluam, uos et audaciae resistere et hominum eius modi **perniciosam atque** **intolerandam potentiam** primo quoque tempore exstinguere atque opprimere debetis//.\\ « Moi, il me faut démonter le grief tandis que vous, vous devez faire obstacle à l’audace, éteindre et écraser, à la première occasion, la **puissance néfaste et intolérable** d’individus de cette engeance. » (traduction F. Hinard, 2006, CUF)
  
  
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-  *Cic. //Phil//. VII, 17 : //Quis huius **potentiam** poterit **sustinere**, praesertim cum eosdem in agros etiam deduxerit ?//\\« Qui pourra **résister à ** sa [Marc-Antoine] **puissance**, surtout quand il aura encore donné des terres à ces mêmes gens ? » (traduction P. Wuilleumier, 1960, CUF)+  *Cic. //Phil//. VII, 17 : //Quis huius **potentiam** poterit **sustinere**, praesertim cum eosdem in agros etiam deduxerit ?//\\ « Qui pourra **résister à ** sa [Marc-Antoine] **puissance**, surtout quand il aura encore donné des terres à ces mêmes gens ? » (traduction P. Wuilleumier, 1960, CUF)
  
  
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-  *Cic.Fam. I, 9, 11 ://Cum autem in re publica Cn. Pompeius princeps esset uir, is qui hanc **potentiam** et gloriam maximis in rem publicam meritis praestantissimisque rebus gestis esset consecutus, cuiusque ego dignitatis ab adulescentia fautor, in praetura autem et in consulatu adiutor etiam extitissem.//\\ « Mais c’était Pompée qui occupait le premier rang dans l’Etat, Pompée qui devait sa **puissance** et sa gloire actuelles aux plus éminents services et aux plus belles actions, Pompée, dont je m’étais montré partisan dès ma jeunesse, dont je m’étais même fait, pendant ma préture et pendant mon consulat, l’auxiliaire. » (traduction L.-A. Constans, 1950, CUF)+  *Cic. //Fam.// I, 9, 11 ://Cum autem in re publica Cn. Pompeius princeps esset uir, is qui hanc **potentiam** et gloriam maximis in rem publicam meritis praestantissimisque rebus gestis esset consecutus, cuiusque ego dignitatis ab adulescentia fautor, in praetura autem et in consulatu adiutor etiam extitissem.//\\ « Mais c’était Pompée qui occupait le premier rang dans l’Etat, Pompée qui devait sa **puissance** et sa gloire actuelles aux plus éminents services et aux plus belles actions, Pompée, dont je m’étais montré partisan dès ma jeunesse, dont je m’étais même fait, pendant ma préture et pendant mon consulat, l’auxiliaire. » (traduction L.-A. Constans, 1950, CUF)
  
  
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 Sénèque emploie également //potentia// à propos du prince, en particulier dans le //De clementia//, traité sur la vertu de la clémence dédié à Néron. Il met en avant la //potentia// comme moyen d’action, subordonné à un exercice, comme le signale à quatre reprises l’emploi de //potentia// avec le verbe //exercere// ((Sén. //Clem//. I, 13, 3 et 4 ; //Ir.// III, 16, 2 ; //Helv//. XIV, 2.)). Cela l’amène à employer //potentia// de manière axiologiquement neutre : afin de démontrer à Néron qu’il dépend uniquement de lui de faire un usage juste ou injuste de la puissance, c’est-à-dire de protéger (//seruare//) les citoyens, ou de les faire mettre à mort (//occidere//), il oppose les deux modèles de la puissance divine, toujours bénéfique, et de la puissance de l’incendie et de la destruction, toujours maléfique :  Sénèque emploie également //potentia// à propos du prince, en particulier dans le //De clementia//, traité sur la vertu de la clémence dédié à Néron. Il met en avant la //potentia// comme moyen d’action, subordonné à un exercice, comme le signale à quatre reprises l’emploi de //potentia// avec le verbe //exercere// ((Sén. //Clem//. I, 13, 3 et 4 ; //Ir.// III, 16, 2 ; //Helv//. XIV, 2.)). Cela l’amène à employer //potentia// de manière axiologiquement neutre : afin de démontrer à Néron qu’il dépend uniquement de lui de faire un usage juste ou injuste de la puissance, c’est-à-dire de protéger (//seruare//) les citoyens, ou de les faire mettre à mort (//occidere//), il oppose les deux modèles de la puissance divine, toujours bénéfique, et de la puissance de l’incendie et de la destruction, toujours maléfique : 
  
-  *Sén.//Clem.// I, 26, 5 ://**Haec diuina** potentia est gregatim ac publice seruare ; multos quidem occidere et indiscretos **incendi ac ruinae potentia** est.//\\ « Voici ce qui est une **puissance de marque divine**: sauver en masse et collectivement ; tandis que mettre à mort sans distinction nombre de gens, c’est la **puissance de l’incendie et de la destruction**. » (Traduction Chaumartin, CUF, 2005)+  *Sén. //Clem.// I, 26, 5 ://**Haec diuina** potentia est gregatim ac publice seruare ; multos quidem occidere et indiscretos **incendi ac ruinae potentia** est.//\\ « Voici ce qui est une **puissance de marque divine**: sauver en masse et collectivement ; tandis que mettre à mort sans distinction nombre de gens, c’est la **puissance de l’incendie et de la destruction**. » (Traduction Chaumartin, CUF, 2005)
  
  
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-  *Cic.//Inu.// II, 56, 169 : //Quibus rebus non illud solum conficitur, ut saluae et incolumes, uerum etiam ut amplae atque potentes sint ciuitates. Quare utilitatis duae partes uidentur esse, incolumitas et **potentia**. Incolumitas est salutis tuta atque integra conseruatio ; **potentia** est ad sua conseruanda et alterius adtenuanda idonearum rerum facultas.//\\ « Tous ces avantages aboutissent non seulement à protéger et à sauvegarder les tats, mais aussi à les rendre grands et puissants. Aussi il semble qu’il y ait deux parties dans l’utile : la sécurité et **la puissance**. La sécurité consiste à garantir d’une manière sûre et complète notre salut ; **la puissance** est la possibilité de disposer des moyens suffisants pour conserver nos biens et diminuer ceux des autres. » (traduction G. Achard, 1994, CUF)+  *Cic. //Inu.// II, 56, 169 : //Quibus rebus non illud solum conficitur, ut saluae et incolumes, uerum etiam ut amplae atque potentes sint ciuitates. Quare utilitatis duae partes uidentur esse, incolumitas et **potentia**. Incolumitas est salutis tuta atque integra conseruatio ; **potentia** est ad sua conseruanda et alterius adtenuanda idonearum rerum facultas.//\\ « Tous ces avantages aboutissent non seulement à protéger et à sauvegarder les tats, mais aussi à les rendre grands et puissants. Aussi il semble qu’il y ait deux parties dans l’utile : la sécurité et **la puissance**. La sécurité consiste à garantir d’une manière sûre et complète notre salut ; **la puissance** est la possibilité de disposer des moyens suffisants pour conserver nos biens et diminuer ceux des autres. » (traduction G. Achard, 1994, CUF)
  
  
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-  *Sén.//Ben.// VII, 31, 4 : //Nihilo minus tamen more optimorum parentium, qui maledictis suorum infantium adrident, non cessant di beneficia congerere de beneficiorum auctore dubitantibus, sed aequali tenore bona sua per gentes populosque distribuunt, **unam potentiam**, prodesse, sortiti.//\\ « Néanmoins et malgré tout, à la manière des parents excellents qui accueillent par un sourire les paroles injurieuses de leurs petits enfants, les dieux ne s’arrêtent pas de faire pleuvoir les bienfaits sur ceux qui mettent en doute l’existence du bienfaiteur ; ils continuent régulièrement la distribution de leurs trésors aux nations et aux peuples, n’ayant reçu en partage que **le seul pouvoir** d’être utiles. » (traduction Préchac, 1961, CUF)+  *Sén. //Ben.// VII, 31, 4 : //Nihilo minus tamen more optimorum parentium, qui maledictis suorum infantium adrident, non cessant di beneficia congerere de beneficiorum auctore dubitantibus, sed aequali tenore bona sua per gentes populosque distribuunt, **unam potentiam**, prodesse, sortiti.//\\ « Néanmoins et malgré tout, à la manière des parents excellents qui accueillent par un sourire les paroles injurieuses de leurs petits enfants, les dieux ne s’arrêtent pas de faire pleuvoir les bienfaits sur ceux qui mettent en doute l’existence du bienfaiteur ; ils continuent régulièrement la distribution de leurs trésors aux nations et aux peuples, n’ayant reçu en partage que **le seul pouvoir** d’être utiles. » (traduction Préchac, 1961, CUF)
  
  
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-  *Sén.//Nat.//II, 31, 1 : //Ceterum mira fulminis, si intueri uelis, opera sunt nec quicquam dubii relinquentia quin **diuina** sit illius **ac subtilis potentia**.//\\ « Les effets de la foudre, si l’on veut bien y prendre garde, sont surprenants ; ils ne permettent pas de douter qu’il n’y ait en elle **une subtile et merveilleuse puissance**. » (traduction P. Oltramare, 1929, CUF)+  *Sén. //Nat.// II, 31, 1 : //Ceterum mira fulminis, si intueri uelis, opera sunt nec quicquam dubii relinquentia quin **diuina** sit illius **ac subtilis potentia**.//\\ « Les effets de la foudre, si l’on veut bien y prendre garde, sont surprenants ; ils ne permettent pas de douter qu’il n’y ait en elle **une subtile et merveilleuse puissance**. » (traduction P. Oltramare, 1929, CUF)
  
  
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-  *Plin. //Nat.//I, //libro II cont.//, CII-CIII ://Quae **potentia** lunae **ad** terrena et marina. Quae solis.//\\ « Quelle est **l’influence** de la lune **sur** terre et dans la mer ? Quelle est celle du soleil ? » (traduction Beaujeu, CUF, 1950)+  *Plin. //Nat.// I, //libro II cont.//, CII-CIII ://Quae **potentia** lunae **ad** terrena et marina. Quae solis.//\\ « Quelle est **l’influence** de la lune **sur** terre et dans la mer ? Quelle est celle du soleil ? » (traduction Beaujeu, CUF, 1950)
  
  
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-  *Plin. //Nat.//XXV, 53, 93 : //Minoris effectus statim intelligitur ; dictamnum enim minima portione accendit os. Qui legere eas, in ferula aut harundine condunt praeligantque, nen **potentia** euanescat.//\\ « On reconnaît dès l’abord qu’il est moins efficace, car la moindre partie du vrai dictame enflamme la bouche. Ceux qui l’[le dictame] ont cueilli, le placent dans une férule ou un roseau et l’enferment de peur que **sa propriété** s’évanouisse. » (traduction J. André, 1974, CUF)+  *Plin. //Nat.// XXV, 53, 93 : //Minoris effectus statim intelligitur ; dictamnum enim minima portione accendit os. Qui legere eas, in ferula aut harundine condunt praeligantque, nen **potentia** euanescat.//\\ « On reconnaît dès l’abord qu’il est moins efficace, car la moindre partie du vrai dictame enflamme la bouche. Ceux qui l’[le dictame] ont cueilli, le placent dans une férule ou un roseau et l’enferment de peur que **sa propriété** s’évanouisse. » (traduction J. André, 1974, CUF)
  
  
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-  *Sén.  +  *Sén. //Nat.// III, 20, 2 : //Hae causae saporem dant aquis uarium, hae **medicatam potentiam**, hae grauem spiritum odoremque pestiferum grauitatemque, <hae> aut calorem nimium aut rigorem.//\\ « Ces causes donnent aux eaux leur saveur variée, leur **puissance médicinale**, leur exhalaison désagréable, leur odeur infecte et leur densité, ainsi que leur chaleur ou leur fraîcheur excessive. » (traduction P. Lecaudé) 
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-//Nat.// III, 20, 2 : //Hae causae saporem dant aquis uarium, hae **medicatam potentiam**, hae grauem spiritum odoremque pestiferum grauitatemque, <hae> aut calorem nimium aut rigorem.//\\ « Ces causes donnent aux eaux leur saveur variée, leur **puissance médicinale**, leur exhalaison désagréable, leur odeur infecte et leur densité, ainsi que leur chaleur ou leur fraîcheur excessive. » (traduction P. Lecaudé) +
  
  
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-Ov.//M.//I, 521-524 : //Inuentum medicina meum est, opiferque per orbem dicor, et **herbarum** subiecta **potentia** nobis : ei mihi, quod nullis amor est sanabilis herbis, nec prosunt domino, quae prosunt omnibus, artes !//\\ « J’ai inventé la médecine et l’on parle de mes bienfaits par le monde / Et **le pouvoir des plantes** est soumis à ma loi. / Hélas pour moi ! Aucune plante ne peut guérir cet amour / Et l’art si efficace pour tous est inefficace pour son maître. » (traduction Robert, 2001, Actes Sud)+Ov. //M.// I, 521-524 : //Inuentum medicina meum est, opiferque per orbem dicor, et **herbarum** subiecta **potentia** nobis : ei mihi, quod nullis amor est sanabilis herbis, nec prosunt domino, quae prosunt omnibus, artes !//\\ « J’ai inventé la médecine et l’on parle de mes bienfaits par le monde / Et **le pouvoir des plantes** est soumis à ma loi. / Hélas pour moi ! Aucune plante ne peut guérir cet amour / Et l’art si efficace pour tous est inefficace pour son maître. » (traduction Robert, 2001, Actes Sud)
  
  
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-  *//Pass. Prim. Felician// (//BHL// 6922) 6 p.153f : //mereberis introire **in potentias** domini.// \\« Tu seras digne d’entrer **là où règne la puissance** du seigneur. » (traduction P. Lecaudé)+  *//Pass. Prim. Felician// (//BHL// 6922) 6 p.153f : //mereberis introire **in potentias** domini.// \\ « Tu seras digne d’entrer **là où règne la puissance** du seigneur. » (traduction P. Lecaudé)
  
  
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-Plus littéralement, //ut uix armorum tenendorum potentia esset// se traduirait par « de sorte qu’ils avaient à peine la capacité de tenir leurs armes » : la construction est similaire à celle de //[[potestas]]// lorsqu’il est complété par un gérondif au génitif et sujet d’//esse//, avec un complément d’attribution au datif. Mais alors que [[//potestas//]] dénote principalement une possibilité d’agir octroyée par un tiers ou fondée sur des circonstances extérieures au sujet, //potentia// fait référence à une capacité intrinsèque, qui est ici une capacité physique. +Plus littéralement, //ut uix armorum tenendorum potentia esset// se traduirait par « de sorte qu’ils avaient à peine la capacité de tenir leurs armes » : la construction est similaire à celle de //[[potestas]]// lorsqu’il est complété par un gérondif au génitif et sujet d’//esse//, avec un complément d’attribution au datif. Mais alors que //[[potestas]]// dénote principalement une possibilité d’agir octroyée par un tiers ou fondée sur des circonstances extérieures au sujet, //potentia// fait référence à une capacité intrinsèque, qui est ici une capacité physique. 
  
  
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-  *Tac.//An.// VI, 8, 4 : //Spectamus porro quae coram habentur, cui ex te opes, honores, quis plurima **iuuandi nocendiue** **potentia**, quae Seiano fuisse nemo negauerit.//\\ « De plus, nous voyons ce qui frappe nos yeux, à qui tu dispenses richesses et honneurs, lesquels possèdent le plus de pouvoir pour servir ou pour nuire, avantages dont nul ne saurait nier que Séjan les ait eus. » (traduction P. Wuilleumier, 1975, CUF)+  *Tac. //An.// VI, 8, 4 : //Spectamus porro quae coram habentur, cui ex te opes, honores, quis plurima **iuuandi nocendiue** **potentia**, quae Seiano fuisse nemo negauerit.//\\ « De plus, nous voyons ce qui frappe nos yeux, à qui tu dispenses richesses et honneurs, lesquels possèdent le plus de pouvoir pour servir ou pour nuire, avantages dont nul ne saurait nier que Séjan les ait eus. » (traduction P. Wuilleumier, 1975, CUF)
  
  
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-  *Sén.//Luc.// XIV, 92, 20 : //Nam quibus **potentia** non est in peiorem **transferendi** statum, ne **interpellandi ** quidem optimum.//\\ « Car ce qui n’a pas la capacité de me faire passer en un état pire n’a pas non plus celle de me barrer l’accès du meilleur état. » (traduction Noblot, Bouquins, 1993)+  *Sén. //Luc.// XIV, 92, 20 : //Nam quibus **potentia** non est in peiorem **transferendi** statum, ne **interpellandi ** quidem optimum.//\\ « Car ce qui n’a pas la capacité de me faire passer en un état pire n’a pas non plus celle de me barrer l’accès du meilleur état. » (traduction Noblot, Bouquins, 1993)
  
  
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-  *Mar. Vict.//Ar.//I, 40, 2-28 : […] //**uisionis potentia** in se habet uisionem, tunc foris exsistentem, cum operatur **potentia uisionis**// […].\\ « […] **la puissance de vision** possède en elle la vision ; cette vision s’extériorise lorsque **la puissance de vision** passe à l’acte […]. » (traduction P. Hadot, 1960, Cerf)+  *Mar. Vict. //Ar.// I, 40, 2-28 : […] //**uisionis potentia** in se habet uisionem, tunc foris exsistentem, cum operatur **potentia uisionis**// […].\\ « […] **la puissance de vision** possède en elle la vision ; cette vision s’extériorise lorsque **la puissance de vision** passe à l’acte […]. » (traduction P. Hadot, 1960, Cerf)
  
  
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-Dans cet extrait comme ailleurs au sein des traductions boéciennes de l’//Organon// d’Aristote, //potentia// est employé comme une variante de [[//potestas//]] pour traduire δύναμις, lorsque le lexème grec dénote plus concrètement une compétence particulière, comme la médecine ou la rhétorique, ou lorsque le concept est considéré par rapport à une mise en œuvre impliquant une décision volontaire. Le choix de //potentia// peut s’expliquer aussi ici par la présence d’ἀδυναμία, traduit par //impotentia//, et par un souci de cohérence sur le plan des signifiants dans la traduction des deux antonymes.+Dans cet extrait comme ailleurs au sein des traductions boéciennes de l’//Organon// d’Aristote, //potentia// est employé comme une variante de //[[potestas]]// pour traduire δύναμις, lorsque le lexème grec dénote plus concrètement une compétence particulière, comme la médecine ou la rhétorique, ou lorsque le concept est considéré par rapport à une mise en œuvre impliquant une décision volontaire. Le choix de //potentia// peut s’expliquer aussi ici par la présence d’ἀδυναμία, traduit par //impotentia//, et par un souci de cohérence sur le plan des signifiants dans la traduction des deux antonymes.
  
  
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-==== C.1. Chez Calcidius traducteur du //Timée // de Platon====+==== C.1. Chez Calcidius traducteur du Timée de Platon====
  
  
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-  *Calc. //Comm. in Tim.// 1, 21, 26 : //Dixit enim, si meminimus, similitudinem non solum in**** formis et figuris sed etiam **in potentiis et qualitatibus** quaeri oportere, cum ita dixit : ‘Cum in tribus siue numeris seu molibus seu **potentiis** perinde erit medietas imo, quem ad modum summitas medio.’ Quare si inter ignem et terram nulla est in specie et uelut in uultu similitudo, quaerenda erit **in naturis ac qualitatibus** ipsorum elementorum iuxta quas faciunt aliquid aut patiuntur et in his proprietatibus ex quibus utriusque elementi uis et germanitas apprime designatur.//\\ « Il a dit en effet, si nous avons bonne mémoire, qu’il faut chercher la similitude non seulement dans les aspects et les formes, mais aussi **dans les vertus et les propriétés**, quand il parla ainsi : ‘Quand de trois nombres, masses ou **forces**, le moyen est au premier ce que le dernier est au moyen…’ C’est pourquoi, si entre le feu et la terre il n’y a aucune similitude dans leur représentation ou leur apparence pour ainsi dire, il faudra la chercher **dans l’ensemble des qualités et des propriétés** des éléments eux-mêmes, en vertu desquelles ces mêmes éléments exercent ou subissent une action, et dans les caractères spécifiques à partir desquels s’exprime avant tout la véritable essence des deux éléments. » (traduction B. Bakhouche, 1986)+  *Calc. //Comm. in Tim.// 1, 21, 26 : //Dixit enim, si meminimus, similitudinem non solum in formis et figuris sed etiam **in potentiis et qualitatibus** quaeri oportere, cum ita dixit : ‘Cum in tribus siue numeris seu molibus seu **potentiis** perinde erit medietas imo, quem ad modum summitas medio.’ Quare si inter ignem et terram nulla est in specie et uelut in uultu similitudo, quaerenda erit **in naturis ac qualitatibus** ipsorum elementorum iuxta quas faciunt aliquid aut patiuntur et in his proprietatibus ex quibus utriusque elementi uis et germanitas apprime designatur.//\\ « Il a dit en effet, si nous avons bonne mémoire, qu’il faut chercher la similitude non seulement dans les aspects et les formes, mais aussi **dans les vertus et les propriétés**, quand il parla ainsi : ‘Quand de trois nombres, masses ou **forces**, le moyen est au premier ce que le dernier est au moyen…’ C’est pourquoi, si entre le feu et la terre il n’y a aucune similitude dans leur représentation ou leur apparence pour ainsi dire, il faudra la chercher **dans l’ensemble des qualités et des propriétés** des éléments eux-mêmes, en vertu desquelles ces mêmes éléments exercent ou subissent une action, et dans les caractères spécifiques à partir desquels s’exprime avant tout la véritable essence des deux éléments. » (traduction B. Bakhouche, 1986)
  
  
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-C’est chez Marius Victorinus((Marius Victorinus est un professeur de rhétorique du IV<sup>e</sup>siècle de notre ère, converti au christianisme. Il traduit et commente l’//Organon // d’Aristote et l’//Isagoge// de Porphyre, ainsi que les //pîtres// de saint Paul. Mais au-delà de ces traductions, perdues pour nous pour la plupart, la pensée de Marius Victorinus est imprégnée de celle du philosophe grec néo-platonicien Plotin, dont Porphyre est le disciple.)) que l’on trouve pour la première fois de manière très nette le sens philosophique de //potentia// hérité de celui de δύναμις, à savoir « capacité / de X / de s’actualiser ». En effet, il est le premier auteur à opposer clairement //potentia// (ainsi que [[//potestas//]], qu’il emploie comme variante de //potentia// cf. § [[5.4.]]) à //actus//, //actio//, //operatio // (ou encore //effectus // et //effectio//) traductions respectives du couple conceptuel élaboré par Aristote, δύναμις / ἐνέργεια, comme le montrent par exemple les passages suivants : +C’est chez Marius Victorinus((Marius Victorinus est un professeur de rhétorique du IV<sup>e</sup>siècle de notre ère, converti au christianisme. Il traduit et commente l’//Organon // d’Aristote et l’//Isagoge// de Porphyre, ainsi que les //pîtres// de saint Paul. Mais au-delà de ces traductions, perdues pour nous pour la plupart, la pensée de Marius Victorinus est imprégnée de celle du philosophe grec néo-platonicien Plotin, dont Porphyre est le disciple.)) que l’on trouve pour la première fois de manière très nette le sens philosophique de //potentia// hérité de celui de δύναμις, à savoir « capacité / de X / de s’actualiser ». En effet, il est le premier auteur à opposer clairement //potentia// (ainsi que //[[potestas]]//, qu’il emploie comme variante de //potentia// cf. § [[dictionnaire:potentia5#5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes|5.4.]]) à //actus//, //actio//, //operatio // (ou encore //effectus // et //effectio//) traductions respectives du couple conceptuel élaboré par Aristote, δύναμις / ἐνέργεια, comme le montrent par exemple les passages suivants : 
  
  
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-Enfin, si Boèce emploie bien //potentia// à plusieurs reprises pour traduire δύναμις dans sa traduction de l’//Organon//, il ne le fait jamais lorsque δύναμις est explicitement opposé à ἐνέργεια et lorsqu’il dénote la potentialité ou l’être en puissance, le réservant aux cas où le lexème grec dénote une compétence plus concrète, nécessitant une mise en exercice (cf. [[sens B]]).+Enfin, si Boèce emploie bien //potentia// à plusieurs reprises pour traduire δύναμις dans sa traduction de l’//Organon//, il ne le fait jamais lorsque δύναμις est explicitement opposé à ἐνέργεια et lorsqu’il dénote la potentialité ou l’être en puissance, le réservant aux cas où le lexème grec dénote une compétence plus concrète, nécessitant une mise en exercice (cf. [[dictionnaire:potentia4detaille#B.La puissance comme capacité intrinsèque d’effectuer une action déterminée|sens B]]).