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dictionnaire:pax6 [2012/12/17 18:25]
vandaele
dictionnaire:pax6 [2014/12/17 18:46] (Version actuelle)
desiderio
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-6Histoire du lexème+<html><p class="lestitres">pāx, pācis f.</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>  
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-6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois+====== 6. Histoire du lexème ======
  
  
-Pāx  désigne d’abord l’état de paix entre états et l’établissement de  l’accord conclu en respectant le nécessaire formalisme, si bien que le  mot est dépourvu des adjectifs qualifiant la portée morale de la paix.  Ce respect des procédures fait que concordia, qui exprime quant à lui la  volonté du vivre ensemble à la base de la paix civile, n’est pas  utilisé. La valeur active d’accord formalisé rend compte aussi de  l’usage de pax pour l’accord et la bienveillance des dieux. 
  
 +===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois =====
  
-Le  nom s’étend à la paix de l’âme. L’élément essentiel de l’histoire du mot  est son emploi dans le vocabulaire de l’glise. Que la paix soit entre  les hommes et Dieu ou entre les hommes, qu’elle se fasse dans le Christ  ou dans l’glise, elle est une force qui transcende les conflits et donc  le mal. 
  
  
-La polysémie de pax a été bien mise en évidence par Cl.  Moussy26. Elle est entre autres le monde où Dieu reçoit l’homme par la  purification du baptême (Tert. Bapt. 8, 4), le dépassement des luttes  terrestres dans une réconciliation avec le créateur (AugContin. 7, 17)  et c’est avec elle que le Christ  vainc l’hostilité humaine à travers  un dépassement qui se fait amour et action pour le prochain dans la  caritas (VetLat. Eph. 2, 14 – 16).+//Pāx//  désigne d’abord l’état de paix entre états et l’établissement de  l’accord conclu en respectant le nécessaire formalismesi bien que le  mot est dépourvu des adjectifs qualifiant la portée morale de la paix.  Ce respect des procédures fait que concordia, qui exprime quant à lui la  volonté du vivre ensemble à la base de la paix civile, n’est pas  utiliséLa valeur active d’accord formalisé rend compte aussi de  l’usage de //pax// pour l’accord et la bienveillance des dieux.
  
  
-6.2Etymologie et origine+Le  nom s’étend à la paix de l’âmeL’élément essentiel de l’histoire du mot  est son emploi dans le vocabulaire de l’EgliseQue la paix soit entre  les hommes et Dieu ou entre les hommes, qu’elle se fasse dans le Christ  ou dans l’glise, elle est une force qui transcende les conflits et donc  le mal.
  
  
-6.2.1Pāx et sa « famille »+La polysémie de //pax// a été bien mise en évidence par ClMoussy((ClMOUSSY (2010-b, 274-276).)). Elle est entre autres le monde où Dieu reçoit l’homme par la  purification du baptême (Tert. //Bapt.// 8, 4), le dépassement des luttes  terrestres dans une réconciliation avec le créateur (Aug. //Contin.// 7, 17)  et c’est avec elle que le Christ  vainc l’hostilité humaine à travers  un dépassement qui se fait amour et action pour le prochain dans la  caritas (Vet. //Lat.// Eph. 2, 14 – 16).
  
  
-Le  latin compte de nombreux mots (qui ne se rattachent plus les uns aux  autres en synchronie) issus des bases %%*%%pāk-/%%*%%păk- et %%*%%pāg-/%%*%%păg-Il y a  par derrière une grande racine indo-européenne, très productive,  reconnue depuis le XIXe s.+===== 6.2Etymologie et origine =====
  
  
-La première question qui se pose est  celle de savoir si l’on doit poser une ou deux racines indo-européennes.  Le [[:dictionnaire:liv|LIV]] pose une racine intransitive %%*%%peh2ǵ- « fest werden » (« se  stabiliser, s’immobiliser ») et une racine transitive %%*%%peh2ḱ- «  festmachen » (« immobiliser, stabiliser »). Cette distinction tranchée  est sans doute excessive, car il paraît certain qu’il faut partir d’une  unique racine %%*%%peh2ḱ-, dépourvue d’orientation de diathèse, comme le  sont normalement les racines ; %%*%%peh2ǵ- doit être au départ une variante  contextuelle qui a fini par acquérir son indépendance. « L’existence  d’une double forme %%*%%pāk-, %%*%%pək- et %%*%%pāg-, %%*%%pəg- dans une racine qui  fournit des formes radicales athématiques comme lat. pāx et comme le  présent à infixe sur lequel reposent lat. pangō et got. fāhan (de  %%*%%fanhan) n’a rien que de naturel. » ([[:dictionnaire:em|EM]] s.v. %%*%%pacō) 
  
 +==== 6.2.1. Pāx et sa « famille » ====
  
-L’idée  portée par la racine est celle d’immobilité, de fixité, de stabilité.  Elle se retrouve dans les nombreuses formes grecques, tant verbales que  nominales : πήγνυμι « fixer, attacher ; congeler, coaguler », πηγός adj.  « solide, fort, dense », πάγος, -ου m. (désigne divers objets plantés,  fichés – pointe de rocher, colline, tertre – ou figés –  glaçon, bloc de  glace –27 etc.).+ 
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 +Le  latin compte de nombreux mots (qui ne se rattachent plus les uns aux  autres en synchronie) issus des bases %%*%%//pāk-///%%*%%//păk-// et %%*%%//pāg-///%%*%%//păg-//. Il y a  par derrière une grande racine indo-européenne, très productive,  reconnue depuis le XIXe s. 
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 +La première question qui se pose est  celle de savoir si l’on doit poser une ou deux racines indo-européennes.  Le [[:dictionnaire:liv|LIV]] pose une racine intransitive %%*%%//peh<sub>2</sub>ǵ-// « //fest werden// » (« se  stabiliser, s’immobiliser ») et une racine transitive %%*%%//peh<sub>2</sub>ḱ-// «  //festmachen// » (« immobiliser, stabiliser »). Cette distinction tranchée  est sans doute excessive, car il paraît certain qu’il faut partir d’une  unique racine %%*%%//peh<sub>2</sub>ḱ-//, dépourvue d’orientation de diathèse, comme le  sont normalement les racines ; %%*%%//peh<sub>2</sub>ǵ-// doit être au départ une variante  contextuelle qui a fini par acquérir son indépendance. « L’existence  d’une double forme %%*%%//pāk-//, %%*%%//pək-// et %%*%%//pāg-//, %%*%%//pəg-// dans une racine qui  fournit des formes radicales athématiques comme lat. //pāx// et comme le  présent à infixe sur lequel reposent lat. //pangō// et got. //fāhan// (de  %%*%%//fanhan//) n’a rien que de naturel. » ([[:em|EM]] s.v. %%*%%//pacō//) 
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 +L’idée  portée par la racine est celle d’immobilité, de fixité, de stabilité.  Elle se retrouve dans les nombreuses formes grecques, tant verbales que  nominales : πήγνυμι « fixer, attacher ; congeler, coaguler », πηγός adj.  « solide, fort, dense », πάγος, -ου m. (désigne divers objets plantés,  fichés – pointe de rocher, colline, tertre – ou figés –  glaçon, bloc de  glace –((Un aspect sémantique a été abondamment développé par le grec : le figement sous l’effet du gel. On ne le retrouve pas en latin.)) etc.).
  
  
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--pālus < %%*%%pāg-s-lo- « pieu », ce qu’on enfonce ;+   *//pālus// < %%*%%//pāg-s-lo-// « pieu », ce qu’on enfonce ; 
  
 +   *//pāla// < %%*%%//pāg-s-lā// « pelle, bêche », instrument qu’on enfonce dans le sol ;
  
--pāla < %%*%%pāg-s-lā « pelle, bêche », instrument qu’on enfonce dans le sol ; 
  
 +   *//pāgus// « borne fichée en terre », d’où « territoire délimité par les bornes », « district », « village » ;
  
--pāgus « borne fichée en terre », d’où « territoire délimité par les bornes », « district », « village » ; 
  
 +   *//pāgĭna// « rangée », notamment rangée de vigne, puis spécialisation pour désigner une colonne de parchemin.
  
--pāgĭna « rangée », notamment rangée de vigne, puis spécialisation pour désigner une colonne de parchemin. 
  
 +Le  verbe //pangere// signifie « planter, ficher »((Au sens matériel : Liu. 7, 3, 5 //ut, qui praetor maximus sit, idibus Septembribus clauum pangat//.)), d’où « établir  solidement, conclure ». Une formation parallèle, à infixe nasal, est  représentée en germanique, mais elle suppose une vélaire sourde en fin  de racine((On se reportera aux dictionnaires habituels : [[Seebold]] 1970 s.v. //FANH-A-//, [[Feist]] 1939 s.v. //fāhan//, [[Lehmann]] 1986 s.v., //fāhan//, [[Kluge-Seebold]] s.v. //fangen//.)): got. //fāhan//, vha. //fāhan//, visl. //fá// (/fā/), v.angl. //fōn// <  germ. %%*%%//fāhana-// < %%*%%//faŋxanam// < %%*%%//pankanam//((En germanique, une séquence /aŋx/ passait d’abord à /ãx/ puis à /āx/.)).
  
-Le  verbe pangere signifie « planter, ficher »28, d’où « établir  solidement, conclure ». Une formation parallèle, à infixe nasal, est  représentée en germanique, mais elle suppose une vélaire sourde en fin  de racine29: got. fāhan, vha. fāhan, visl. fá (/fā/), v.angl. fōn <  germ. %%*%%fāhana- < %%*%%faŋxanam < %%*%%pankanam30. 
  
 +En vertu  du « grammatischer Wechsel » lié au balancement de l’accent, alternaient  des formes en %%*%%//fāh-// et des formes en %%*%%//fang-//. Le présent all. mod.  //fangen// résulte d’un nivellement secondaire sur le modèle du prétérit et  du participe, avec réintroduction de la nasale (vha. //fiang, fiangum,  gefangan// ; mod. //fing, gefangen//), dans lequel la vélaire se sonorisait  car l’accent ne portait pas sur la syllabe précédant ladite vélaire.
  
-En vertu  du « grammatischer Wechsel » lié au balancement de l’accent, alternaient  des formes en %%*%%fāh- et des formes en %%*%%fang-. Le présent all. mod.  fangen résulte d’un nivellement secondaire sur le modèle du prétérit et  du participe, avec réintroduction de la nasale (vha. fiang, fiangum,  gefangan ; mod. fing, gefangen), dans lequel la vélaire se sonorisait  car l’accent ne portait pas sur la syllabe précédant ladite vélaire. 
  
 +Pour le sens, on passe facilement de « immobiliser » (transitif) à « capturer, saisir »((On a peut-être eu comme intermédiaire « saisir une proie », ou capturer un gibier.)).
  
-Pour le sens, on passe facilement de « immobiliser » (transitif) à « capturer, saisir »31. 
  
 +En  regard de //fāhan//, qui suppose une vélaire sourde, plusieurs langues  germaniques ont un substantif neutre, all. //Fach// (vha. //fah//), v.sax. //fac//,  v.angl. //fæc//, v.fr. //fek// « partie, domaine, section », qui remonte à  %%*%%//fakam// < %%*%%//pagam//, et suppose en l’espèce une vélaire sonore. On voit  que les deux variantes s’échangent sans valeur particulière.
  
-En  regard de fāhan, qui suppose une vélaire sourde, plusieurs langues  germaniques ont un substantif neutre, all. Fach (vha. fah), v.sax. fac,  v.angl. fæc, v.fr. fek « partie, domaine, section », qui remonte à  %%*%%fakam < %%*%%pagam, et suppose en l’espèce une vélaire sonore. On voit  que les deux variantes s’échangent sans valeur particulière. 
  
 +L’indo-iranien  a gardé des substantifs isolés : sk. //pā́śa-// masc. plurale //tantum// «  liens, rets, filets » ; une forme non thématisée apparaît, au degré ,  dans av. //fsǝ-bīš//, instr. pluriel figé. On relève cette vieille forme  d’instrumental pluriel fossile dans un passage du //Vīdēvdāt// 4. 51,  //aiiaŋhaēnāiš fsǝ-bīš auua.pašāṯ// « qu’il attache avec des liens de métal  ».
  
-L’indo-iranien  a gardé des substantifs isolés : sk. pā́śa- masc. plurale tantum «  liens, rets, filets » ; une forme non thématisée apparaît, au degré ,  dans av. fsǝ-bīš, instr. pluriel figé. On relève cette vieille forme  d’instrumental pluriel fossile dans un passage du Vīdēvdāt 4. 51,  aiiaŋhaēnāiš fsǝ-bīš auua.pašāṯ « qu’il attache avec des liens de métal  ». 
  
 +En face de //pangō, -ere//, on a, sur la variante à  sourde, //pacīscor, -ī//, déponent primitivement intransitif qui n’a que le  sens abstrait de « faire un pacte, conclure une transaction, traiter ».  Ce //pacīscor// a relayé le vieux verbe //pacō, -ere// attesté dans les XII  Tables((Cf. Flobert 1975 p. 62. « La transitivation [de //pacīscor//], note-t-il, a commencé avec des pronoms neutres ou des objets “internes” : //pācem, pactum//. »)).
  
-En face de pangō, -ere, on a, sur la variante à  sourde, pacīscor, -ī, déponent primitivement intransitif qui n’a que le  sens abstrait de « faire un pacte, conclure une transaction, traiter ».  Ce pacīscor a relayé le vieux verbe pacō, -ere attesté dans les XII  Tables32. 
  
 +En latin également, l’unicité du radical synchronique  latin et de la « racine » i.-e. à l’origine de //păc-//, //pāc-// et //păng-// est  indirectement indiquée par l’équivalence entre //pacem pangere// et //pacem  pacisci// chez Tite-Live((//Pacem pangere// chez Tite-Live : 9, 11, 6 ; 24, 29, 6 ; 38, 48, 9 ; 38, 48, 11.)) :
  
-En latin également, l’unicité du radical synchronique  latin et de la « racine » i.-e. à l’origine de păc-, pāc- et păng- est  indirectement indiquée par l’équivalence entre pacem pangere et pacem  pacisci chez Tite-Live33 : 
  
 +   *Liv. 9, 11, 9 : //ut quidem tu,  quod petisti per pactionem, habeas, tot ciues incolumes, ego pacem, quam  hos tibi remittendo pactus sum, non habeam, hoc tu, A. Corneli, hoc  uos, fetiales, iuris gentibus dicitis ?//
  
-Liv. 9, 11, 9 : ut quidem tu,  quod petisti per pactionem, habeas, tot ciues incolumes, ego pacem, quam  hos tibi remittendo pactus sum, non habeam, hoc tu, A. Corneli, hoc  uos, fetiales, iuris gentibus dicitis ? 
  
 +   *Liv. 38, 48, 9 : //Antiochum, cum quo pacem pepigerat Scipio.//
  
-Liv. 38, 48, 9 : Antiochum, cum quo pacem pepigerat Scipio. 
  
 +Ces deux locutions contiennent un accusatif de l’objet interne et forment une //figura etymologica//.
  
-Ces deux locutions contiennent un accusatif de l’objet interne et forment une figura etymologica. 
  
 +Sandoz  (1986, 572) a remarqué une répartition entre //pangere// et //pacīscī// : «  seules les formes du perfectum [de //pangere//] et de l’adjectif verbal en  %%*%%//-to-// s’emploient dans le sens institutionnel. Pour l’infectum, les  auteurs recourent au déponent //pacīscor//. Dans la même acception, la  langue archaïque atteste encore le présent radical thématique //pacō// (XII  Tables 8, 2 : //pacit//) ou //pagō// (XII Tables 1, 6 : //pagunt// mss., //pacunt//  cj.). On a donc affaire à une situation de supplétisme : //pacīscor// (v.  lat. //pacō//) s’accorde sémantiquement avec //pepigī, pāctum//, tandis que le  présent infixé //pangō// a été affecté à la signification d’opérations  matérielles. Cette combinaison paradigmatique se vérifie dans un passage  comme Plaute, Bacch. 865 (//pacisci cum illo paulula pecunia// ǀ //potes//  “peut-être pourrais-tu transiger avec lui pour un peu d’argent”), 871  (//pacisce quiduis// “transige au prix que tu veux”) et 879 (//ducentis  Philippis rem pepigi// “j’ai arrangé l’affaire pour deux cents philippes”,  trad. Ernout). »
  
-Sandoz  (1986, 572) a remarqué une répartition entre pangere et pacīscī : «  seules les formes du perfectum [de pangere] et de l’adjectif verbal en  %%*%%-to- s’emploient dans le sens institutionnel. Pour l’infectum, les  auteurs recourent au déponent pacīscor. Dans la même acception, la  langue archaïque atteste encore le présent radical thématique pacō (XII  Tables 8, 2 : pacit) ou pagō (XII Tables 1, 6 : pagunt mss., pacunt  cj.). On a donc affaire à une situation de supplétisme : pacīscor (v.  lat. pacō) s’accorde sémantiquement avec pepigī, pāctum, tandis que le  présent infixé pangō a été affecté à la signification d’opérations  matérielles. Cette combinaison paradigmatique se vérifie dans un passage  comme Plaute, Bacch. 865 (pacisci cum illo paulula pecunia ǀ potes  “peut-être pourrais-tu transiger avec lui pour un peu d’argent”), 871  (pacisce quiduis “transige au prix que tu veux”) et 879 (ducentis  Philippis rem pepigi “j’ai arrangé l’affaire pour deux cents philippes”,  trad. Ernout). » 
  
 +De l’idée de fixation, on est parfois  passé à celle d’ajustement, d’adaptation. On la retrouve en germanique,  all. //fügen// (vha. //fuogen//), v.angl. //fēgan//, v.fr. //fōgia//, d’un causatif  germanique occidental %%*%%//fōg-ija-//. Le latin en a trace dans le préverbé  com-pingere ainsi que dans le substantif compāgēs. Ce dernier substantif  prend place dans la série des substantifs à nominatif en -//ēs//, dont la  voyelle radicale est longue, et qui sont souvent préfixés (parce qu’ils  sont en rapport avec un verbe préverbé) : //sēdēs, ambāges//.
  
-De l’idée de fixation, on est parfois  passé à celle d’ajustement, d’adaptation. On la retrouve en germanique,  all. fügen (vha. fuogen), v.angl. fēgan, v.fr. fōgia, d’un causatif  germanique occidental %%*%%fōg-ija-. Le latin en a trace dans le préverbé  com-pingere ainsi que dans le substantif compāgēs. Ce dernier substantif  prend place dans la série des substantifs à nominatif en -ēs, dont la  voyelle radicale est longue, et qui sont souvent préfixés (parce qu’ils  sont en rapport avec un verbe préverbé) : sēdēs, ambāges. 
  
 +Du même  type est //propāgēs//, moins fréquent que son doublet //propāgō, -inis// «  bouture, provin ». Le verbe //propāgāre// en est sans doute le dénominatif.
  
-Du même  type est propāgēs, moins fréquent que son doublet propāgō, -inis «  bouture, provin ». Le verbe propāgāre en est sans doute le dénominatif. 
  
 +Le  substantif //pāx, pācis// est, comme le note [[:dictionnaire:em|EM]], un nom-racine nom  d’action, « fait de fixer, d’établir (par une convention) ». La voyelle  longue peut s’expliquer comme un allongement de monosyllabe tonique  développé par le latin, apparu dans la forme de nominatif singulier et  étendu ensuite au reste de la flexion ; ou pourrait songer aussi  à un  trait morphologique caractéristique de certains « noms-racines » dans  certaines langues i.-e.((Le problème de l’origine de la voyelle longue se pose aussi pour d’autres substantifs qu’on peut considérer comme des « noms-racines » et qui s’opposent à la voyelle brève du verbe correspondant : //uōx, uōcis// f. « parole, voix » en face de //uŏcāre// « appeler », tous deux étant issus d’une « racine » i.-e. *//wekw-// « parler » ; une voyelle longue est également attestée dans le substantif védique //vāc-// « parole » (cf. sk. //vācam// n., //vācā// f. « parole ») ; //rēx, rēg-is// m. « roi » en face de //rĕgĕrĕ// « diriger » (cf. sk. //rāj-an-// m. « roi », //rāj-//« diriger »). A l’inverse, le « nom-racine » nom d’agent //dŭx, dŭcis// « chef, général » a une voyelle brève face à la voyelle longue du verbe //dūcĕrĕ// « conduire ». D’autres « noms-racines » monosyllabiques au nominatif singulier ont une voyelle brève et ont servi de base de dérivation à un verbe dénominatif qui a conservé la voyelle brève : //nĕx, nĕcis// f. « meurtre » (d’où est tiré le verbe dénominatif //nĕc-ā-re// « tuer ») ; *//prĕx, prĕcis// f. « prière » (attesté seulement au pluriel //prĕcēs// ; et d’où est tiré le verbe //prĕc-ā-rī// « prier »).)).
  
-Le  substantif pāx, pācis est, comme le note [[:dictionnaire:em|EM]], un nom-racine nom  d’action, « fait de fixer, d’établir (par une convention) ». La voyelle  longue peut s’expliquer comme un allongement de monosyllabe tonique  développé par le latin, apparu dans la forme de nominatif singulier et  étendu ensuite au reste de la flexion ; ou pourrait songer aussi  à un  trait morphologique caractéristique de certains « noms-racines » dans  certaines langues i.-e.34. 
  
 +//Pāx// a un correspondant ombrien, connu exclusivement à l’ablatif //pase// < %%*%%//pāk-ed//, qui  n’apparaît que dans la formule //pase tua// / //pase uestra//, correspondant à  lat. //pāce tuā// / //uestrā// « avec ta/votre bienveillance (= « soit dit/fait  sans vous/t’offenser ») », qui s’applique, dans les Tables de Gubbio, à la //pax deorum//((Cf. [[WOU]] (s.u. //pase//) et Ancillotti-Cerri (1996, 389).)). L’ombrien connaît une postposition //paca//, avec régime au génitif, qui est l’ablatif d’un nom %%*%%//pākā//((De structure comparable à lat. //grātiā, causā//.)). Le sens est « à  cause de, pour le bien de » : VIa 19-20 //ocrer pehaner paca// « pour le  bien de la cité à purifier »((Cf. [[WOU]] (2000 s.u. //paca//) et Ancillotti-Cerri (1996, 388).)).
  
-Pāx a un correspondant  ombrien, connu exclusivement à l’ablatif pase < %%*%%pāk-ed, qui  n’apparaît que dans la formule pase tua / pase uestra, correspondant à  lat. pāce tuā / uestrā « avec ta/votre bienveillance (= « soit dit/fait  sans vous/t’offenser ») », qui s’applique, dans les Tables de Gubbio, à  la pax deorum35. L’ombrien connaît une postposition paca, avec régime au génitif, qui est l’ablatif d’un nom %%*%%pākā36. Le sens est « à  cause de, pour le bien de » : VIa 19-20 ocrer pehaner paca « pour le  bien de la cité à purifier »37. 
  
 +Enfin, un adjectif //pacer// <  %%*%%//pāk-ri-// est attesté en ombrien, marrucin, marse, pélignien. Appliqué  aux dieux, et étroitement associé à l’adjectif //fons// < %%*%%//fau-ni-// «  bienveillant, favorable » (cf. lat. //faueō//), cet adjectif semble avoir le  sens de « bienveillant, propice, favorable »((Cf. Untermann (2000 s.v. //pacer//) et Ancillotti-Cerri (1996, 388).)) ; //pacer// fait  manifestement allusion à la //pax deorum//, notion religieuse  caractéristique de l’Italie ancienne.
  
-Enfin, un adjectif pacer <  %%*%%pāk-ri- est attesté en ombrien, marrucin, marse, pélignien. Appliqué  aux dieux, et étroitement associé à l’adjectif fons < %%*%%fau-ni- «  bienveillant, favorable » (cf. lat. faueō), cet adjectif semble avoir le  sens de « bienveillant, propice, favorable »38 ; pacer fait  manifestement allusion à la pax deorum, notion religieuse  caractéristique de l’Italie ancienne. 
  
 +Le cas de //pignus, -oris// et de sk. //pajrá-//.
  
-Le cas de pignus, -oris et de sk. pajrá-. 
  
 +Depuis  le XIXe s., les savants ont été tentés de rapprocher de %%*%%//pāg-///%%*%%//păg-//  l’adjectif sk. //pajrá-// « fort, solide, stable ; sur quoi/qui l’on peut  compter, sûr ». Le problème est que, aujourd’hui, la racine se posant  sous la forme degré plein %%*%%//peh<sub>2</sub>g/k-// et degré  %%*%%//ph<sub>2</sub>g/k-//, on ne peut a  priori obtenir un a radical en sanskrit. En ce qui concerne lat. //pignus,  -oris//, le rapprochement avec la famille de //pangere// a été proposé depuis  longtemps pour des raisons sémantiques, mais il achoppait sur le  vocalisme radical. La première prise en compte du sens et de la  formation de pignus remonte à un article fameux de Meillet, « Sur le  suffixe indo-européen %%*%%//-nes-// »((MSL 15, 1908-1909, p. 254-264.)). Meillet insérait //pignus// dans un  ensemble de termes d’aspect juridique qui ont tous à voir avec la  richesse et la propriété ; citons entre autres sk. //rékṇa-, ápna-// « biens  richesses », //dráviṇa-// « biens mobiliers », gr. κτήνεα « biens,  troupeaux », δάνος « argent prêté à intérêts », lat. //fēnus// « produit,  intérêts », //pignus// « gage », //mūnus// (pl. fréquent //mūnia//) « cadeau,  service rendu, fonction ». Pour autant, Meillet ne proposait aucune  étymologie satisfaisante pour //pignus//. Pourtant, d’autres ont soutenu le  rapprochement de //pignus// avec //pangere// pour des raisons de sens, sans pour  autant apporter d’explication formelle convaincante. « Daß das Wort zu  //păngo// gehört, écrivait Niedermann en 1897, wird wohl von niemandem  bezweifelt. »((Cité par Sandoz 1986 p. 567.)) Et Mahlow, en 1926 : « //pignus// Pfand gehört offenbar zu  pactum, also zur Wurzel pak. Ein //pignus// sichert die Erfüllung des //pactum//. » En effet, le //pignus// est ce qui garantit l’accord (la valeur du  substantif est « médiative »). Et l’on trouve la //iunctura  pignus// / //pignora pacis// chez Virgile et Tite-Live((Voir Sandoz 1986 p. 572.)).
  
-Depuis  le XIXe s., les savants ont été tentés de rapprocher de %%*%%pāg-/%%*%%păg-  l’adjectif sk. pajrá- « fort, solide, stable ; sur quoi/qui l’on peut  compter, sûr ». Le problème est que, aujourd’hui, la racine se posant  sous la forme degré plein %%*%%peh2g/k- et degré  %%*%%ph2g/k-, on ne peut a  priori obtenir un a radical en sanskrit. En ce qui concerne lat. pignus,  -oris, le rapprochement avec la famille de pangere a été proposé depuis  longtemps pour des raisons sémantiques, mais il achoppait sur le  vocalisme radical. La première prise en compte du sens et de la  formation de pignus remonte à un article fameux de Meillet, « Sur le  suffixe indo-européen %%*%%-nes- »39. Meillet insérait pignus dans un  ensemble de termes d’aspect juridique qui ont tous à voir avec la  richesse et la propriété ; citons entre autres sk. rékṇa-, ápna- « biens  richesses », dráviṇa- « biens mobiliers », gr. κτήνεα « biens,  troupeaux », δάνος « argent prêté à intérêts », lat. fēnus « produit,  intérêts », pignus « gage », mūnus (pl. fréquent mūnia) « cadeau,  service rendu, fonction ». Pour autant, Meillet ne proposait aucune  étymologie satisfaisante pour pignus. Pourtant, d’autres ont soutenu le  rapprochement de pignus avec pangere pour des raisons de sens, sans pour  autant apporter d’explication formelle convaincante. « Daß das Wort zu  păngo gehört, écrivait Niedermann en 1897, wird wohl von niemandem  bezweifelt. »40 Et Mahlow, en 1926 : « pignus Pfand gehört offenbar zu  pactum, also zur Wurzel pak. Ein pignus sichert die Erfüllung des  pactum. » En effet, le pignus est ce qui garantit l’accord (la valeur du  substantif est « médiative »). Et l’on trouve la iunctura  pignus/pignora pacis chez Virgile et Tite-Live41. 
  
 +//Pignus// pourrait  certes s’expliquer par %%*%%//peg-// ou %%*%%//pek-//, avec la même fermeture de la  voyelle devant //-gn-// qu’on observe dans //dignus//, //tignum//, //lignum//, //signum//,  mais %%*%%//peg-// ne paraît pas a priori pouvoir être un produit de %%*%%//peh<sub>2</sub>g/k-//  ou %%*%%//ph<sub>2</sub>g/k-//. Admettre, comme d’aucuns l’ont fait, une « Nebenform » sans  laryngale n’est pas une solution satisfaisante.
  
-Pignus pourrait  certes s’expliquer par %%*%%peg- ou %%*%%pek-, avec la même fermeture de la  voyelle devant -gn- qu’on observe dans dignus, tignum, lignum, signum,  mais %%*%%peg- ne paraît pas a priori pouvoir être un produit de %%*%%peh2g/k-  ou %%*%%ph2g/k-. Admettre, comme d’aucuns l’ont fait, une « Nebenform » sans  laryngale n’est pas une solution satisfaisante. 
  
 +La question a  été reprise par Lamberterie (1996). On peut ramener //pignus// à la racine  %%*%%//peh<sub>2</sub>g/k-//, au degré plein, si l’on admet une application de la « loi de  Lubotsky » : une séquence %%*%%/eHD+C > eD+C (D = occlusive sonore ; C =  toute consonne). Autrement dit, la laryngale tombe lorsqu’elle est la  première d’un groupe de trois consonnes dont la seconde est une  occlusive sonore. Ainsi peut s’expliquer //pignus// < %%*%%//peg/k-nes-// <  %%*%%//peh<sub>2</sub>g/k-nes-//, de même que sk. //pajrá-// < %%*%%//peg-ro-// < %%*%%//peh<sub>2</sub>g-ro-//.
  
-La question a  été reprise par Lamberterie (1996). On peut ramener pignus à la racine  %%*%%peh2g/k-, au degré plein, si l’on admet une application de la « loi de  Lubotsky » : une séquence %%*%%eHD+C > eD+C (D = occlusive sonore ; C =  toute consonne). Autrement dit, la laryngale tombe lorsqu’elle est la  première d’un groupe de trois consonnes dont la seconde est une  occlusive sonore. Ainsi peut s’expliquer pignus < %%*%%peg/k-nes- <  %%*%%peh2g/k-nes-, de même que sk. pajrá- < %%*%%peg-ro- < %%*%%peh2g-ro-. 
  
 +==== 6.2.2. De l’indo-européen au latin : proposition de R. Garnier ====
  
-6.2.2. De l’indo-européen au latin : proposition de R. Garnier 
  
  
-Lat. pāx est un nom-racine hérité qui doit sa longue à l’allongement des monosyllabes.+Lat. //pāx// est un nom-racine hérité qui doit sa longue à l’allongement des monosyllabes.
  
  
-Il faut sans doute partir d’un étymon it. com. %%*%%păk- f. « lien, accord, paix ».+Il faut sans doute partir d’un étymon it. com. %%*%%//păk-// f. « lien, accord, paix ».
  
  
-L’archaïque păciō f. « convention, accord entre deux parties » reflète  le thème %%*%%păk- à brève radicale de la même façon que dĭciō continue  l’ancien nom-racine %%*%%díḱ-s. Le gotique %%*%%fagrs « convenable » et le  v.h.a. fagar « beau » reflètent un dérivé germ. com. %%*%%faǥraz (<  %%*%%ph2ḱ-ró- « adapté à, lié avec »).+L’archaïque //păciō// f. « convention, accord entre deux parties » reflète  le thème %%*%%//păk-// à brève radicale de la même façon que //dĭciō// continue  l’ancien nom-racine %%*%%//díḱ-s//. Le gotique %%*%%//fagrs// « convenable » et le  v.h.a. //fagar// « beau » reflètent un dérivé germ. com. %%*%%//faǥraz// (<  %%*%%//ph<sub>2</sub>ḱ-ró-// « adapté à, lié avec »).
  
  
-Il existe un dérivé %%*%%ph2ḱ-tó-  dans le lat. %%*%%păc-tus « en accord avec » qui est à la source du  déponent păc-īscor. On relève dis-pec-tus « dont l’accord est rompu »  (< %%*%%dwis-păk-to-) chez Apulée, (Mét. 4, 26, 8, dispectæ nuptiæ «  mariage rompu »).+Il existe un dérivé %%*%%//ph<sub>2</sub>ḱ-tó-//  dans le lat. %%*%%//păc-tus// « en accord avec » qui est à la source du  déponent //păc-īscor//. On relève //dis-pec-tus// « dont l’accord est rompu »  (< %%*%%//dwis-păk-to-//) chez Apulée, (Mét. 4, 26, 8, //dispectæ nuptiæ// «  mariage rompu »).
  
  
-Il est donc possible que le lat. %%*%%păctus « en accord avec » soit à l’origine du v.-lat. păcō « établir une convention ».+Il est donc possible que le lat. %%*%%//păctus// « en accord avec » soit à l’origine du v.-lat. //păcō// « établir une convention ».
  
  
-Pour  le sens de « convention », on peut citer le m.-p. pašt « convention,  accord » qui continue i.-ir. %%*%%pać-ta- (™%%*%%pć-tá- < %%*%%p(H)ć-tá- <  %%*%%ph2ḱ-tó-) « lié, en accord ». On peut admettre un nom-racine i.-ir.  %%*%%páHć-, %%*%%pHć-ás m. « lien » qui se prolongerait dans le véd. pâśa- m.  pl. « rêts, filet », lequel reposerait sur la resegmentation d’un ancien  accusatif athématique %%*%%páHć-am (< %%*%%póh2ḱ-ṃ) en %%*%%pâśa-m. Le degré  zéro du thème est reflété par l’av. fsǝ̄-bīš. On relève cette vieille  forme d’instrumental pluriel fossile dans un passage du Vīdēvdāt 4. 51,  aiiaŋhaēnāiš fsǝ̄-bīš auua.pašāṯ « qu’il attache avec des liens de métal  ». Il faut admettre ici comme forme de fondation l’ancien génitif  singulier %%*%%fs-ō (< i.-ir. %%*%%pHć-ás < %%*%%ph2ḱ-és). On peut a priori  admettre un ancien paradigme i.-e. %%*%%póh2ḱ-ṃ, %%*%%pé(h2)ḱ-s « chose fixée,  lien » refait en %%*%%póh2ḱ-ṃ avec généralisation de la sourde. Le génitif  singulier archaïque %%*%%pé(h2)ḱ-s, présentant l’effet de la loi de  Lubotsky, aurait ainsi été normalisé en %%*%%ph2ḱ-és sur degré zéro  (GARNIER, 2010 : 328-9).+Pour  le sens de « convention », on peut citer le m.-p. //pašt// « convention,  accord » qui continue i.-ir. %%*%%//pać-ta-// (™%%*%%//pć-tá-// < %%*%%//p(H)ć-tá-// <  %%*%%//ph<sub>2</sub>ḱ-tó-//) « lié, en accord ». On peut admettre un nom-racine i.-ir.  %%*%%//páHć-//, %%*%%//pHć-ás// m. « lien » qui se prolongerait dans le véd. //pâśa-// m.  pl. « rêts, filet », lequel reposerait sur la resegmentation d’un ancien  accusatif athématique %%*%%//páHć-am// (< %%*%%//póh<sub>2</sub>ḱ-ṃ//) en %%*%%//pâśa-m//. Le degré  zéro du thème est reflété par l’av. //fsǝ̄-bīš//. On relève cette vieille  forme d’instrumental pluriel fossile dans un passage du //Vīdēvdāt// 4. 51,  //aiiaŋhaēnāiš fsǝ̄-bīš auua.pašāṯ// « qu’il attache avec des liens de métal  ». Il faut admettre ici comme forme de fondation l’ancien génitif  singulier %%*%%//fs-ō// (< i.-ir. %%*%%//pHć-ás// < %%*%%//ph<sub>2</sub>ḱ-és//). On peut a priori  admettre un ancien paradigme i.-e. %%*%%//póh<sub>2</sub>ḱ-ṃ//, %%*%%//pé(h<sub>2</sub>)ḱ-s// « chose fixée,  lien » refait en %%*%%//póh<sub>2</sub>ḱ-ṃ// avec généralisation de la sourde. Le génitif  singulier archaïque %%*%%//pé(h<sub>2</sub>)ḱ-s//, présentant l’effet de la loi de  Lubotsky, aurait ainsi été normalisé en %%*%%//ph<sub>2</sub>ḱ-és// sur degré zéro  (GARNIER, 2010 : 328-9).
  
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