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dictionnaire:pax5 [2013/03/29 15:25]
lecaude
dictionnaire:pax5 [2014/12/17 18:46] (Version actuelle)
desiderio
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-<html><div class="titre"> pāx, pācis f. (substantif) </div></html> +<html><class="lestitres">pāx, pācis f.</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> 
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 ====== 5. Place dans le lexique latin ====== ====== 5. Place dans le lexique latin ======
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-Pāx est formé sur le radical synchronique păc- / pāc- que l’on trouve  dans le verbe păc-iscor. Ce radical est suivi immédiatement des  désinences, en l’absence de suffixe. A ce titre, le terme peut être  qualifié de « nom-racine », dans l’un des sens de ce dernier terme.+//Pāx// est formé sur le radical synchronique //păc-// / //pāc-// que l’on trouve  dans le verbe //păc-iscor//. Ce radical est suivi immédiatement des  désinences, en l’absence de suffixe. A ce titre, le terme peut être  qualifié de « nom-racine », dans l’un des sens de ce dernier terme.
  
  
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-On  rencontre chez les auteurs latins des rapprochements de pāx avec  pactiō, pactum, păcere (base de dérivation de păciscor), pepigī (pangō) :+On  rencontre chez les auteurs latins des rapprochements de //pāx// avec  //pactiō, pactum, păcere// (base de dérivation de //păciscor//), //pepigī// (//pangō//) :
  
  
-    * Fest. 230 (P.-Fest. 231) : pacem a pactione condicionum  putat dictam Sinnius Capito (GRF 461, 10), quae utrique inter se populo  sit obseruanda.+    * Fest. 230 (P.-Fest. 231) : //pacem a pactione condicionum  putat dictam Sinnius Capito (GRF 461, 10), quae utrique inter se populo  sit obseruanda.//
  
  
-    * Ulp. dig. 2, 14, 1, 1 : pactum […] a  pactione dicitur (inde etiam pacis nomen appellatum est) et est pactio  duorum pluriumue in idem placitum et consensus.+    * Ulp. //dig.// 2, 14, 1, 1 : //pactum […] a  pactione dicitur (inde etiam pacis nomen appellatum est) et est pactio  duorum pluriumue in idem placitum et consensus.//
  
  
-    * Cassiod.  in psalm. 121, 71. 217 A. : pax […] a parcendo, siue a pascendo dicta  est ; 118, 158 1.2902 A : pactum […]  a pace dictum, quasi pacis actum.+    * Cassiod.  //in psalm.// 121, 71. 217 A. : //pax […] a parcendo, siue a pascendo dicta  est ; 118, 158 1.2902 A : pactum […]  a pace dictum, quasi pacis actum.//
  
  
-    * Mar. Vict. Rhet. 1, 1, p. 158, 14 : pax enim a pacto dicta.+    * Mar. Vict. //Rhet.// 1, 1, p. 158, 14 : //pax enim a pacto dicta.//
  
  
-    * Isid.  Orig. 18, 1, 11 : pacis uocabulum uidetur a pacto sumptum ; 5, 24, 18 :  pactum dicitur inter partes ex pace conueniens scriptura, legibus et  moribus comprobata ; et dictum pactum quasi ex pace factum, ab eo quod  est paco, unde et pepigit.+    * Isid.  //Orig.// 18, 1, 11 : //pacis uocabulum uidetur a pacto sumptum ; 5, 24, 18 :  pactum dicitur inter partes ex pace conueniens scriptura, legibus et  moribus comprobata ; et dictum pactum quasi ex pace factum, ab eo quod  est paco, unde et pepigit.//
  
  
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-Les réflexions des auteurs latins montrent qu’ils associaient pāx avec  les termes formés sur le radical păc- (păc-tum, păc-tio ou encore le  verbe păcīscor) : păc- et pāc- fonctionnent comme des allomorphes du  même radical et du même morphème lexical.+Les réflexions des auteurs latins montrent qu’ils associaient //pāx// avec  les termes formés sur le radical //păc-// (//păc-tum////păc-tio// ou encore le  verbe //păcīscor//) : //păc-// et //pāc-// fonctionnent comme des allomorphes du  même radical et du même morphème lexical.
  
  
-Sur ce radical păc- sont bâtis :+Sur ce radical //păc-// sont bâtis :
  
-   *les formes anciennes păcit et păcunt d’un verbe păcere attestées dans  la loi des XII Tables (8, 2 : ni cum eo pacit, talio esto), avec le sens  de « conclure un accord » ;+   *les formes anciennes //păcit// et //păcunt// d’un verbe //păcere// attestées dans  la loi des XII Tables (8, 2 : //ni cum eo pacit, talio esto//), avec le sens  de « conclure un accord » ;
  
-   *le nom ancien păc-iō, ōnis (f.)  attesté chez Festus (296, 35 : pacionem antiqui dicebant quam nunc  pactionem dicimus) et remplacé par păc-tiō, -ōnis (f.), avec le sens de «  accord, pacte, traité » ;+   *le nom ancien //păc-iō, ōnis// (f.)  attesté chez Festus (296, 35 : //pacionem antiqui dicebant quam nunc  pactionem dicimus//) et remplacé par //păc-tiō, -ōnis// (f.), avec le sens de «  accord, pacte, traité » ;
  
-   *l’inchoatif păcīscor, eris, păctus  sum, păcīscī (et son doublet de forme active pacīscō, attesté chez  Naevius et Plaute) « faire un traité, un pacte ; stipuler une chose ;  engager » ; sur păcīscor ont été fait les composés compecīscor (ou  compăcīscor) « faire un pacte, convenir de », dēpecīscor (ou dēpacīscor)  « stipuler, faire un accord », d’où sont dérivés dēpectiō, ōnis (f.) «  accord, pacte, marché » (cod. Theod.) et dēpector, ōris (m.) « celui qui  fait marché pour » (cf. [[:dictionnaire:em_pax_s.u|EM, pax, s.u.]] );+   *l’inchoatif //păcīscor, eris, păctus  sum, păcīscī// (et son doublet de forme active //pacīscō//, attesté chez  Naevius et Plaute) « faire un traité, un pacte ; stipuler une chose ;  engager » ; sur //păcīscor// ont été fait les composés //compecīscor// (ou  //compăcīscor//) « faire un pacte, convenir de », //dēpecīscor// (ou //dēpacīscor//)  « stipuler, faire un accord », d’où sont dérivés //dēpectiō, ōnis// (f.) «  accord, pacte, marché » (cod. Theod.) et //dēpector, ōris// (m.) « celui qui  fait marché pour » (cf. [[:dictionnaire:em_pax_s.u|EM, pax, s.u.]] );
  
-   *le nom neutre  păc-tum, -i « pacte, convention » et le nom d’agent păc-tor, ōris (m.) «  celui qui établit les termes d’une convention, négociateur ».+   *le nom neutre  //păc-tum, -i// « pacte, convention » et le nom d’agent //păc-tor, ōris// (m.) «  celui qui établit les termes d’une convention, négociateur ».
  
  
-Sur  le substantif pāx est bâti le verbe dénominatif pācō, -ās, āre «  pacifier », dont sont à leur tour dérivés, à l’époque impériale, le nom  d’action pācātiō, -tiōnis (f.) « pacification, apaisement », le nom  d’agent pācātor, -ōris « pacificateur » (et l’adjectif qui en est dérivé  pācātōrius « qui apaise »). Le verbe dénominatif pacare a un préverbé :  perpācō « pacifier entièrement » et son participe parfait passif  (adjectivisé) a connu une forme négative à l’aide du préfixe négatif in-  : impācātus « non pacifié, agité ».+Sur  le substantif //pāx// est bâti le verbe dénominatif //pācō, -ās, āre// «  pacifier », dont sont à leur tour dérivés, à l’époque impériale, le nom  d’action //pācātiō, -tiōnis// (f.) « pacification, apaisement », le nom  d’agent //pācātor, -ōris// « pacificateur » (et l’adjectif qui en est dérivé  //pācātōrius// « qui apaise »). Le verbe dénominatif //pacare// a un préverbé :  //perpācō// « pacifier entièrement » et son participe parfait passif  (adjectivisé) a connu une forme négative à l’aide du préfixe négatif in-  : //impācātus// « non pacifié, agité ».
  
  
-Le substantif pāx a également servi de base de dérivation à l’adjectif pāc-ālis, -e « de paix, relatif à la paix ».+Le substantif //pāx// a également servi de base de dérivation à l’adjectif //pāc-ālis, -e// « de paix, relatif à la paix ».
  
  
-Pāx  a aussi servi de premier élément de composé avec, pour second élément,  le radical făc-/-fĭc- fonctionnant comme morphème de causatif :+//Pāx//  a aussi servi de premier élément de composé avec, pour second élément,  le radical //făc-// / //-fĭc-// fonctionnant comme morphème de causatif :
  
  
-   *dans le verbe de sens causatif pāci-ficō, -āre « traiter de la paix,  apaiser, produire la paix », et le déponent pāci-ficor, -ārī « faire la  paix, traiter de la paix »+   *dans le verbe de sens causatif //pāci-ficō, -āre// « traiter de la paix,  apaiser, produire la paix », et le déponent //pāci-ficor, -ārī// « faire la  paix, traiter de la paix »
  
  
-   *et dans l’adjectif parallèle de  sens causatif pāci-ficus, -a, -um « qui établit la paix » (substantivé  au neutre pluriel, « victimes offertes pour la paix »).+   *et dans l’adjectif parallèle de  sens causatif //pāci-ficus, -a, -um// « qui établit la paix » (substantivé  au neutre pluriel, « victimes offertes pour la paix »).
  
  
-On rencontre aussi, sur la base de cet adjectif, l’adverbe pācificē « en paix ».+On rencontre aussi, sur la base de cet adjectif, l’adverbe //pācificē// « en paix ».
  
  
-Du verbe pācificā-re sont dérivés :+Du verbe //pācificā-re// sont dérivés :
  
-   *le nom d’agent en -tor pācificā-tor, -ōris (m.) « pacificateur »+   *le nom d’agent en //-tor pācificā-tor, -ōris// (m.) « pacificateur »
  
  
-   *et l’adjectif pācificā-tōrius, -a, -um « destiné à traiter de la paix » (avec un suffixe –tōrius),+   *et l’adjectif //pācificā-tōrius, -a, -um// « destiné à traiter de la paix » (avec un suffixe –tōrius),
  
  
-   *ainsi que le nom de procès en -tiō pācificā-tiō, -tiōnis (f.) « retour à la paix, accommodement, réconciliation ».+   *ainsi que le nom de procès en //-tiō pācificā-tiō, -tiōnis// (f.) « retour à la paix, accommodement, réconciliation ».
  
  
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-Concernant  la paix des dieux, pax est le terme habituel et s’il n’a pas  d’équivalent, cela tient à ce qu’elle est fondamentalement un accord<sup>((1))</sup>et que la conclusion de l’accord est le sens premier du mot.+Concernant  la paix des dieux, //pax// est le terme habituel et s’il n’a pas  d’équivalent, cela tient à ce qu’elle est fondamentalement un accord((J. CHAMPEAUX (1998, 16) : « La ‘bienveillance des dieux’ est plus et mieux que la simple ‘paix’ qui suit un conflit avec les hommes, quand les armes se sont tues. Elle est restauration pleine et positive de leur faveur, rétablissement de la protection qu’ils étendent  au-dessus des humains. »))et que la conclusion de l’accord est le sens premier du mot.
  
  
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-Quies-quietus  signifie qu’après une période de combats, il ne se passe rien, sans que  pour autant un accord ait été conclu. Le conquérant des Gaules écrit  ainsi :+//Quies-quietus// signifie qu’après une période de combats, il ne se passe rien, sans que  pour autant un accord ait été conclu. Le conquérant des Gaules écrit  ainsi :
  
  
-    * Caes.  G. 7, 1, 1 : Quieta Gallia Caesar, ut constituerat, in Italiam ad conuentus agendos proficiscitur. \\  « La Gaule étant tranquille, César, comme il l’avait décidé, part pour l’Italie afin d’y tenir ses assises »((De même Sall. B. 52, 5 ; Caes. C. 3, 57, 4 ; Liv. 1, 38, 5 ; 2, 15, 5 ; 2, 18, 11 ; 6, 42, 4 ; 21, 11, 5 ; Tac. H. 4, 1, 3.)).+    * Caes.  //G.// 7, 1, 1 : //Quieta Gallia Caesar, ut constituerat, in Italiam ad conuentus agendos proficiscitur.// \\  « La Gaule étant tranquille, César, comme il l’avait décidé, part pour l’Italie afin d’y tenir ses assises »((De même Sall. B. 52, 5 ; Caes. C. 3, 57, 4 ; Liv. 1, 38, 5 ; 2, 15, 5 ; 2, 18, 11 ; 6, 42, 4 ; 21, 11, 5 ; Tac. H. 4, 1, 3.)).
  
  
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-    * Liv.  2, 48, 5-6 : […] neque pax neque bellum cum Veientibus fuit  […] ; ubi  abductas senserant legiones, agros incursabant, bellum quiete, quietem  bello in uicem  eludentes. \\  « […] on ne fut avec les Véiens ni en  paix ni en guerre […] ; dès qu’ils se rendaient compte du départ des  légions, ils se répandaient dans les campagnes, esquivant tour à tour la  guerre par l’inaction, l’inaction par la guerre((De même Vell. 2, 25, 1 : Putares Sullam uenisse in Italiam non belli uindicem, sed pacis auctorem : tanta cum quiete exercitum per Calabriam … perduxit … « On aurait pu croire que Sylla était venu en Italie, non pour provoquer la guerre, mais pour susciter la paix, si paisible fut la marche de son armée à travers la Calabre … » (traduction J. Hellegouarc’h, 1982, CUF).))».+    * Liv.  2, 48, 5-6 : […] //neque pax neque bellum cum Veientibus fuit  […] ; ubi  abductas senserant legiones, agros incursabant, bellum quiete, quietem  bello in uicem  eludentes.// \\  « […] on ne fut avec les Véiens ni en  paix ni en guerre […] ; dès qu’ils se rendaient compte du départ des  légions, ils se répandaient dans les campagnes, esquivant tour à tour la  guerre par l’inaction, l’inaction par la guerre((De même Vell. 2, 25, 1 : //Putares Sullam uenisse in Italiam non belli uindicem, sed pacis auctorem : tanta cum quiete exercitum per Calabriam … perduxit …// « On aurait pu croire que Sylla était venu en Italie, non pour provoquer la guerre, mais pour susciter la paix, si paisible fut la marche de son armée à travers la Calabre … » (traduction J. Hellegouarc’h, 1982, CUF).))».
  
  
-Tranquillitas  et tranquillus sont assez proches des termes précédents((Liv. 28, 8, 14 (à propos de Philippe) : […] quia res in Graecia tranquillas et profectio Attali fecerat et in tempore laborantibus sociis latum ab se auxilium […] « […] parce que la situation avait été rendue calme en Grèce et par le départ d’Attale et par le secours qu’il avait apporté lui-même à temps à ses alliés en difficulté […] » ; de même Liv. 2, 49, 2 ; 27, 25, 1 ; 35, 30, 4 ; Val.-Max. 2, 7 pr.)), mais ils se  chargent d’une nuance particulière car la paix qu’ils expriment est en  fait une résistance aux passions qui génèrent les guerres. Si la rupture  de liens familiaux entre César et Pompée a contribué à déclencher le  conflit, le bellum ciuile dépend d’un phénomène plus profond car la paix  ainsi rompue est une tranquillitas qui ne peut que finir par céder face  au furor et à la dynamique de la déraison :+//Tranquillitas//  et //tranquillus// sont assez proches des termes précédents((Liv. 28, 8, 14 (à propos de Philippe) : […] //quia res in Graecia tranquillas et profectio Attali fecerat et in tempore laborantibus sociis latum ab se auxilium// […] « […] parce que la situation avait été rendue calme en Grèce et par le départ d’Attale et par le secours qu’il avait apporté lui-même à temps à ses alliés en difficulté […] » ; de même Liv. 2, 49, 2 ; 27, 25, 1 ; 35, 30, 4 ; Val.-Max. 2, 7 pr.)), mais ils se  chargent d’une nuance particulière car la paix qu’ils expriment est en  fait une résistance aux passions qui génèrent les guerres. Si la rupture  de liens familiaux entre César et Pompée a contribué à déclencher le  conflit, le //bellum ciuile// dépend d’un phénomène plus profond car la paix  ainsi rompue est une tranquillitas qui ne peut que finir par céder face au //furor// et à la dynamique de la déraison :
  
  
-    * Val.-Max.  4, 6, 4 […] magno quidem cum totius terrarum orbis detrimento, cuius  tranquillitas tot ciuilium bellorum truculentissimo furore perturbata  non esset, si Caesaris et Pompei concordia communis sanguinis uinculo  constricta mansisset. \\  « […] ce qui entraîna véritablement pour le  monde entier une terrible catastrophe, car la paix dont il profitait  n’aurait pas vu tant de guerres civiles, avec une telle sauvagerie dans  leur déchaînement, la bouleverser, si l’accord qui unissait César et  Pompée et que l’union de leur sang avait resserré, était resté intact »  (traduction R. Combès, 1997, CUF)((De même Val.-Max. 1, 7, 6 ext. ; 7, 3, 9 ext. ; Luc. 1, 250 ; 2, 266 ; Sen. Clem. 1, 13, 1 ; Stat. Th. 3, 447.)).+    * Val.-Max.  4, 6, 4 […] //magno quidem cum totius terrarum orbis detrimento, cuius  tranquillitas tot ciuilium bellorum truculentissimo furore perturbata  non esset, si Caesaris et Pompei concordia communis sanguinis uinculo  constricta mansisset.// \\  « […] ce qui entraîna véritablement pour le  monde entier une terrible catastrophe, car la paix dont il profitait  n’aurait pas vu tant de guerres civiles, avec une telle sauvagerie dans  leur déchaînement, la bouleverser, si l’accord qui unissait César et  Pompée et que l’union de leur sang avait resserré, était resté intact »  (traduction R. Combès, 1997, CUF)((De même Val.-Max. 1, 7, 6 ext. ; 7, 3, 9 ext. ; Luc. 1, 250 ; 2, 266 ; Sen. Clem. 1, 13, 1 ; Stat. Th. 3, 447.)).
  
  
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-En revanche, concordia et consensus n’ont pas d’emploi pour la paix entre les tats.+En revanche, concordia et consensus n’ont pas d’emploi pour la paix entre les Etats.
  
  
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-À  l’inverse, pax est rare pour la paix civile, tandis que concordia et  consensus sont usuels. Ils ont des traductions identiques : accord,  unanimité, assentiment général, concorde, et ils ont une formation  analogue : ce sont des dérivés de préverbés qui comportent un premier  élément exprimant la cohésion et un second dénotant la vie de la pensée  dans sa conception la plus large (cor, sensus – sentire), pour exprimer  l’accord sur une même vision des choses. Cependant, des différences  existent, dont l’essentiel a été bien mis en évidence par  J.Hellegouarc’h<sup>((6)))</sup>. Consensus met l’accent sur l’accord dans la conduite  d’une action. Il s’agit le plus souvent d’une prise de décision très  large de portée politique :+À  l’inverse, //pax// est rare pour la paix civile, tandis que concordia et  consensus sont usuels. Ils ont des traductions identiques : accord,  unanimité, assentiment général, concorde, et ils ont une formation  analogue : ce sont des dérivés de préverbés qui comportent un premier  élément exprimant la cohésion et un second dénotant la vie de la pensée  dans sa conception la plus large (cor, sensus – sentire), pour exprimer  l’accord sur une même vision des choses. Cependant, des différences  existent, dont l’essentiel a été bien mis en évidence par  J.Hellegouarc’h((J. HELLEGOUARC’H (1972, 124-127).))Consensus met l’accent sur l’accord dans la conduite  d’une action. Il s’agit le plus souvent d’une prise de décision très  large de portée politique :
  
  
-    * Cic. Mil. 25 (à propos de Clodius) : […] eum (= Milonem) porro summo consensu populi Romani consulem fieri uidebat. \\  « […] Clodius voyait que Milon était en train de devenir consul par l’accord unanime du peuple romain »((De même Pis. 7 ; Tusc. 1, 35 ; Phil. 5, 30 ; 8, 4.)).+    * Cic.//Mil.// 25 (à propos de Clodius) : […] //eum (= Milonem) porro summo consensu populi Romani consulem fieri uidebat.// \\  « […] Clodius voyait que Milon était en train de devenir consul par l’accord unanime du peuple romain »((De même //Pis.// 7 ; //Tusc.// 1, 35 ; //Phil.// 5, 30 ; 8, 4.)).
  
  
-En  revanche, concordia fait davantage porter l’information sur la  compatibilité des attentes et des états d’esprit non seulement dans la  famille (Pl. Amph. 841), mais aussi chez les citoyens :+En  revanche, concordia fait davantage porter l’information sur la  compatibilité des attentes et des états d’esprit non seulement dans la  famille (Pl. //Amph.// 841), mais aussi chez les citoyens :
  
  
-    * Cic. Rep. 1, 49 : […] facillimam autem in ea re publica esse concordiam, in qua idem conducat omnibus. \\  « […] cette bonne entente est le plus aisément réalisée dans un tat où les intérêts de tous sont les mêmes. »+    * Cic. //Rep.// 1, 49 : […] //facillimam autem in ea re publica esse concordiam, in qua idem conducat omnibus.// \\  « […] cette bonne entente est le plus aisément réalisée dans un tat où les intérêts de tous sont les mêmes. »
  
  
-En  somme, le consensus est l’accord positif qui prend souvent la forme de  l’unanimité ou de la quasi-unanimité, la concordia est une harmonie  reposant sur la volonté d’entente. Cela est lié à la valeur de cor («  cœur, esprit, intelligence ») et à l’influence du grec homonoia, comme  l’ont bien montré J. Hellegouarc’h et P. Jal, alors que la pax-accord  correspond pour l’essentiel au grec eirènè<sup>((8)))</sup>.+En  somme, le consensus est l’accord positif qui prend souvent la forme de  l’unanimité ou de la quasi-unanimité, la concordia est une harmonie  reposant sur la volonté d’entente. Cela est lié à la valeur de cor («  cœur, esprit, intelligence ») et à l’influence du grec homonoia, comme  l’ont bien montré J. Hellegouarc’h et P. Jal, alors que la pax-accord  correspond pour l’essentiel au grec eirènè((J. HELLEGOUARC’H (1972, 126; P. JAL  (1961, 221-222)).
  
 +Une certaine  évolution des emplois se fait jour dès les débuts de l’époque impériale.  Si consensus désigne toujours l’accord positif aboutissant à une prise  de décision commune (Tac. //H.// 1, 90, 2), deux innovations apparaissent.  Le consensus est l’unanimité dans la vie politique locale, et surtout il  marque l’attachement commun au pouvoir impérial, comme l’a bien montré  Fr. Hurlet((Fr. HURLET (2002, 168-171).))La concordia reste la valeur de l’harmonie civique, mais  alors que le consensus est l’adhésion globale à l’empire, la concordia  unit les parties constitutives de l’empire entre elles, c’est-à-dire  qu’elle s’établit entre les membres de la famille impériale, entre les  ordres institutionnels (armée et sénat), entre Rome et les provinces  (Tac. //H.// 2, 6, 1), entre les cités, comme en témoignent les dédicaces à  la déesse Concordia en Occident((Voir Fr. HURLET (2002, 173-175).)).
  
-Une certaine  évolution des emplois se fait jour dès les débuts de l’époque impériale.  Si consensus désigne toujours l’accord positif aboutissant à une prise  de décision commune (Tac. H. 1, 90, 2), deux innovations apparaissent.  Le consensus est l’unanimité dans la vie politique locale, et surtout il  marque l’attachement commun au pouvoir impérial, comme l’a bien montré  Fr. Hurlet<sup>((9)))</sup>. La concordia reste la valeur de l’harmonie civique, mais  alors que le consensus est l’adhésion globale à l’empire, la concordia  unit les parties constitutives de l’empire entre elles, c’est-à-dire  qu’elle s’établit entre les membres de la famille impériale, entre les  ordres institutionnels (armée et sénat), entre Rome et les provinces  (Tac. H. 2, 6, 1), entre les cités, comme en témoignent les dédicaces à  la déesse Concordia en Occident<sup>((10)))</sup>. +Au-delà de cette  évolution, le consensus est l’unanimité visée dans le processus de  décision politique, tandis que la concordia est la valeur du vouloir  vivre ensemble présupposant une représentation des facteurs d’unité  qu’il faut savoir préserver ou retrouver. Cela ne peut pas exister entre  des peuples qui affirment leurs différences jusqu’à l’affrontement. Le  processus psycho-politique animant la volonté de concordia doit alors  être remplacé par l’accord proprement construit, sans base préexistante,  la //pax//. Voilà pourquoi //concordia// et //consensus// n’ont pas d’emploi pour la paix entre Etats.
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-Au-delà de cette  évolution, le consensus est l’unanimité visée dans le processus de  décision politique, tandis que la concordia est la valeur du vouloir  vivre ensemble présupposant une représentation des facteurs d’unité  qu’il faut savoir préserver ou retrouver. Cela ne peut pas exister entre  des peuples qui affirment leurs différences jusqu’à l’affrontement. Le  processus psycho-politique animant la volonté de concordia doit alors  être remplacé par l’accord proprement construit, sans base préexistante,  la pax. Voilà pourquoi concordia et consensus n’ont pas d’emploi pour  la paix entre tats.+
  
  
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-Pax  a un emploi assez rare et de ce fait plus marqué. Pax est lié à la  description de la tranquillité de l’âme comme combat contre les passions  et les coups du sort. Il retrouve donc sa valeur première pour la paix  après une guerre<sup>((11)))</sup>:+//Pax//  a un emploi assez rare et de ce fait plus marqué. Pax est lié à la  description de la tranquillité de l’âme comme combat contre les passions  et les coups du sort. Il retrouve donc sa valeur première pour la paix  après une guerre((C’est la présence virtuelle du champ sémasiologique : voir Cl. MOUSSY (2010-a, 50).)):
  
  
-    * Sen. Ep. 78, 16 : Nos quoque  euincamus omnia, quorum praemium non corona nec palma est … sed uirtus  et firmitas animi et pax in ceterum parta, si semel in aliquo certamine  debellata fortuna est. \\  « Nous aussi, ayons une victoire totale,  dont la récompense n’est pas une couronne ni une palme …, mais la vertu,  la fermeté d’âme, la paix pour toujours assurée, si une fois, en  quelque rencontre, nous avons mis la fortune hors de combat »((De même Sen. Ep. 66, 46 ; 73, 6.)).+    * Sen. //Ep.// 78, 16 : //Nos quoque  euincamus omnia, quorum praemium non corona nec palma est … sed uirtus  et firmitas animi et pax in ceterum parta, si semel in aliquo certamine  debellata fortuna est.// \\  « Nous aussi, ayons une victoire totale,  dont la récompense n’est pas une couronne ni une palme …, mais la vertu,  la fermeté d’âme, la paix pour toujours assurée, si une fois, en  quelque rencontre, nous avons mis la fortune hors de combat »((De même Sen. //Ep.// 66, 46 ; 73, 6.)).
  
  
-En revanche, quies-quietus et tranquillitas-tranquillus ont un usage plus habituel et sont même très proches :+En revanche, //quies-quietus// et //tranquillitas-tranquillus// ont un usage plus habituel et sont même très proches :
  
  
-    * Cic.  Fin. 1, 46 : […] sapientiam esse solam,  quae nos a libidinum impetu   et a formidinum terrore uindicet et ipsius fortunae modice ferre doceat  iniurias et omnis monstret uias, quae ad quietem et ad tranquillitatem  ferant […]. \\  « […] la sagesse est la seule chose qui nous défende  contre l’élan de nos désirs et l’effroi des craintes, et  nous apprenne  à supporter avec calme des injustices du sort, qui nous fasse connaître  toutes les routes conduisant au repos et à la tranquillité […] ».+    * Cic.  //Fin.// 1, 46 : […] //sapientiam esse solam,  quae nos a libidinum impetu   et a formidinum terrore uindicet et ipsius fortunae modice ferre doceat  iniurias et omnis monstret uias, quae ad quietem et ad tranquillitatem  ferant// […]. \\  « […] la sagesse est la seule chose qui nous défende  contre l’élan de nos désirs et l’effroi des craintes, et  nous apprenne  à supporter avec calme des injustices du sort, qui nous fasse connaître  toutes les routes conduisant au repos et à la tranquillité […] ».
  
  
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-Sénèque  met tranquillitas en rapport avec le grec euthumia qu’il emprunte à  Démocrite (Tranq. 2, 3) ; ce que le mot  dénote alors, c’est un  équilibre intérieur : +Sénèque  met //tranquillitas// en rapport avec le grec //euthumia// qu’il emprunte à  Démocrite (//Tranq.// 2, 3) ; ce que le mot  dénote alors, c’est un  équilibre intérieur :
  
-    * Sen. Tranq. 2, 4 : Ergo quaerimus  quomodo animus semper aequali secundoque cursu eat propitiusque sibi sit  et sua laetus aspiciat et hoc gaudium non interrumpat, sed placido  statu maneat, nec attollens se umquam nec deprimens. Id tranquillitas  erit. \\  « Nous allons chercher comment il est possible à l’âme de  se mouvoir d’une allure toujours égale et aisée, en se souriant à  elle-même, en se plaisant à son propre spectacle et en prolongeant  indéfiniment cette agréable sensation, sans se départir jamais de son  calme, s’exalter ni se déprimer. Cet état sera la tranquillité »  (traduction R. Waltz, 1970, CUF). 
  
 +    * Sen. //Tranq.// 2, 4 : //Ergo quaerimus  quomodo animus semper aequali secundoque cursu eat propitiusque sibi sit  et sua laetus aspiciat et hoc gaudium non interrumpat, sed placido  statu maneat, nec attollens se umquam nec deprimens. Id tranquillitas  erit.// \\  « Nous allons chercher comment il est possible à l’âme de  se mouvoir d’une allure toujours égale et aisée, en se souriant à  elle-même, en se plaisant à son propre spectacle et en prolongeant  indéfiniment cette agréable sensation, sans se départir jamais de son  calme, s’exalter ni se déprimer. Cet état sera la tranquillité »  (traduction R. Waltz, 1970, CUF).
  
-Les syntagmes propitius  sibi sit et  nec attollens se umquam nec deprimens mettent en évidence  la spécificité de cet équilibre : il n’est pas seulement absence de  douleur, mais il repose sur une action, sur une reconquête de soi-même  par des objectifs raisonnables, bien analysée par J. Pigeaud<sup>((13)))</sup>. 
  
 +Les syntagmes propitius  sibi sit et  nec attollens se umquam nec deprimens mettent en évidence  la spécificité de cet équilibre : il n’est pas seulement absence de  douleur, mais il repose sur une action, sur une reconquête de soi-même  par des objectifs raisonnables, bien analysée par J. Pigeaud((J. PIGEAUD (1989, 505 et 511).)).
  
-Quies connaît lui aussi une spécialisation : 
  
 +//Quies// connaît lui aussi une spécialisation :
  
-    * Sen,  Ep. 92, 6 : Si non es sola honestate contentus, necesse est aut quietem  adici uelis, quam Graeci aochlèsian uocant, aut uoluptatem. Horum  alterum utcumque recipi potest : uacat enim animus molestia liber ad  inspectum uniuersi nihilque illum auocat a contemplatione naturae.  Alterum illud, uoluptas, bonum pecoris est […]. \\  « Si tu ne te  contentes pas des seuls principes moraux, tu voudras inévitablement que  s’y joignent ou le repos que les Grecs appellent aochlèsia, ou le  plaisir. À la rigueur le premier peut s’admettre : en effet l’âme,  exempte de tracas, a librement tout loisir pour étudier l’univers et  rien ne l’enlève à la contemplation de la nature. Quant à l’autre, le  plaisir, c’est le bonheur de l’animal. » 
  
 +    * Sen,  //Ep.// 92, 6 : //Si non es sola honestate contentus, necesse est aut quietem  adici uelis, quam Graeci aochlèsian uocant, aut uoluptatem. Horum  alterum utcumque recipi potest : uacat enim animus molestia liber ad  inspectum uniuersi nihilque illum auocat a contemplatione naturae.  Alterum illud, uoluptas, bonum pecoris est// […]. \\  « Si tu ne te  contentes pas des seuls principes moraux, tu voudras inévitablement que  s’y joignent ou le repos que les Grecs appellent aochlèsia, ou le  plaisir. À la rigueur le premier peut s’admettre : en effet l’âme,  exempte de tracas, a librement tout loisir pour étudier l’univers et  rien ne l’enlève à la contemplation de la nature. Quant à l’autre, le  plaisir, c’est le bonheur de l’animal. »
  
-Ce que recouvre  l’aochlèsia-quies, c’est l’absence de peine durable, par opposition à la  uoluptas qui débouche sur un tourment plus long car, mettant fin à la  souffrance par manque, elle ne dure que le temps de la satisfaction. 
  
 +Ce que recouvre  l’//aochlèsia-quies//, c’est l’absence de peine durable, par opposition à la  //uoluptas// qui débouche sur un tourment plus long car, mettant fin à la  souffrance par manque, elle ne dure que le temps de la satisfaction.
  
-Quant  à concordia, il est appliqué par Sénèque à l’animus encore plus  rarement que pax, avec semble-t-il deux seules occurrences (Vit. 3, 4 ;  8, 6). 
  
 +Quant  à //concordia//, il est appliqué par Sénèque à l’//animus// encore plus  rarement que //pax//, avec semble-t-il deux seules occurrences (//Vit.// 3, 4 ;  8, 6).
  
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