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dictionnaire:exercere6 [2013/02/04 16:19]
vandaele créée
dictionnaire:exercere6 [2014/12/17 12:57] (Version actuelle)
desiderio
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 +<html><p class="lestitres">exerceō, -ēre</p></html> <html><center><big><big>(verbe)</big></big></center></html>
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-**6. Histoire du lexème** +====== 6. Histoire du lexème ======
  
  
-****  +===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois =====
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-**** 6.1. __Histoire au cours de la latinité. volution des emplois__  +
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-6.2. __Origine et étymologie__ +===== 6.2. Origine et étymologie =====
  
  
-L’étymologie de //arceō, -ēre//, verbe dont //exerceō// est un composé, ne pose guère de difficultés. Au rapprochement ancien avec gr. +L’étymologie de //arceō, -ēre//, verbe dont //exerceō// est un composé, ne pose guère de difficultés. Au rapprochement ancien avec gr.  ἄρκος, ἀρκέω s’est ajouté le hittite //ḫark-<sup>zi</sup>// « avoir, tenir, posséder, garder »((Ce verbe sert aussi d’auxiliaire, en combinaison avec un participe au neutre, pour former une sorte de « passé composé ».)).
  
  
-ἄρκος, ἀρκέω s’est ajouté le hittite //ḫark-<sup>zi</sup>// « avoir, tenir, posséder, garder »[[+La racine se pose sous la forme *//h<sub>2</sub>erk-//((Cf.  //[[LIV]]// , dont la notice est remarquablement brève, les formes issues de cette racine étant peu nombreuses.)).
  
  
-[1]+Le verbe hittite //ḫarmi // (< %%*%%//ḫark-mi//, avec allègement de la suite de consonnes), //ḫarši// (< %%*%%//ḫark-ši//), //ḫarzi// (< %%*%%//ḫark-zi//), 3<sup>e</sup> pl. //ḫarkanzi // continue un présent à ablaut : %%*%%//h<sub>2</sub>érk-ti//, %%*%%//h<sub>2</sub>ṛk-énti//.
  
  
-]].+Le grec a hérité du substantif neutre sigmatique ἄρκος, dont ἀρκέω est le dénominatif. Bien que ἄρκος ne soit attesté que chez Alcée (cf. [[:dictionnaire:accueil|Chantraine]] ), les composés en -αρκής sont nombreux et anciens. Malgré cela, <html><a href=":dictionnaire:exercere8#Beekes(2009)">Beekes</a></html> (2009) admet que ἄρκος est plutôt un déverbatif de ἀρκέω, étant donné la rareté du nom ἄρκος. Si ce nom est ancien,en tant que neutre sigmatique, il doit reposer sur un degré //e //: %%*%%//h<sub>2</sub>erk-// > %%*%%//ark-//. S’ajoute le dérivé primaire homérique ἄρκιος « assuré, sur quoi on peut compter ». C’est pourquoi Chantraine supposait que la notion de sûreté, sécurité était fondamentale dans la racine.
  
  
-La racine se pose sous la forme %%*%%//h<sub>2</sub>erk-// [[+L’arménien possède un radical //arg-// généralement rapporté à la présente racine : le substantif //argel// « obstacle, empêchement » et aussi « prison, surveillance » (qui traduit gr. φυλακή), les verbes //argelum//, //argelem//, //argilel// « faire obstacle, interdire, empêcher », //argelanim// « être empêché, rencontrer un obstacle »((Cf.  <html><a href=":dictionnaire:exercere8#MARTIROSYAN">MARTIROSYAN</a></html>, 2010, //s.u//).)). Le radical //arg-// présente une difficulté phonétique, l’absence de palatalisation de la vélaire.
  
  
-[2]+L’allemand //Riegel // « verrou », v.h.a. //rigil// est supposé reposer également sur le degré  %%*%%//h<sub>2</sub>rk-//.
  
  
-]]+En latin, nous rencontrons deux difficultés : la formation de  //arceō // , et la question du sens.
  
  
-Le verbe hittite //ḫarmi // (< %%*%%//ḫark-mi//, avec allègement de la suite de consonnes)//ḫarši// (< %%*%%//ḫark-ši//), //ḫarzi// (< %%*%%//ḫark-zi//), 3<sup>e</sup>pl. //ḫarkanzi // continue un présent à ablaut %%*%%//h<sub>2</sub>érk-ti//, %%*%%//h<sub>2</sub>ṛk-énti//.+//Arceō // fait partie d’une famille (mais est-elle synchroniquement sensible aux locuteurs ?dont le radical immobile est //arc-//: //arx//, //arca//.
  
  
-Le grec a hérité du substantif neutre sigmatique ἄρκοςdont ἀρκέω est le dénominatif. Bien que ἄρκος ne soit attesté que chez Alcée (cf. Chantraine)les composés en +Le dictionnaire [[:dictionnaire:accueil|Ernout-Meillet]] rejette l’apparentement de //arx// et //arceō//, voulant voir dans ce substantif un emprunt étrangercomparable à //urbs// (lequel mot peutlui aussi, être étymologisé en latin). En réalité, //arx// est indubitablement un nom-racine, et plus personne ne le conteste raisonnablement aujourd’hui.
  
  
--+Pour //arceō//, le dictionnaire [[:dictionnaire:accueil|Ernout-Meillet]] donne deux sens principaux, dont les orientations sémantiques sont antithétiques :
  
  
-αρκής sont nombreux et anciensMalgré celaBeekes +1° « contenir, maintenir », sens peu attesté dans les textes, et donné seulement par les glossateurs ; \\  2° « maintenir au loin, écarter », sens bien attestéCe dernier sens est celui qu’on retrouve en grecdans ἄρκος « protection » et ἀρκέω « repousser, écarter ; protéger ».
  
  
-(+Il paraît probable que le hittite a gardé le sens originel de la racine, « tenir, détenir, retenir, contenir »((Malgré  <html> <a href=":dictionnaire:exercere8#KÖLLIGAN">KÖLLIGAN</a></html> (2007, 53) qui propose comme sens premier « to ward off, to defend, to keep under control », et, avant lui, Chantraine.)).
  
  
-2009+Les évolutions sémantiques des verbes signifiant « tenir » sont souvent variées. Il faut compter également avec des effets de « dépréverbation ». Plus exactement, le verbe a pu intégrer une nouvelle signification qu’il avait acquise en combinaison avec un préverbe ou un élément adverbial tenant lieu de proto-préverbe. On pense par exemple à //cēdere//, qui peut signifier « aller, s’avancer » ou « se retirer, reculer ».
  
  
-)+En français, le verbe //contenir// a les deux orientations : « enfermer en soi » ou « empêcher de pénétrer, d’avancer » (« contenir l’ennemi, la foule »).
  
  
-admet que ἄρκος+Le substantif //arca// « coffre, cassette » permet peut-être de faire le lien entre les deux orientations sémantiques : l’//arca// sert à garder, contenir des objets précieux, et du même coup, il les protège. //Arca// est peut-être un ancien nom d’action, « protection », passé au concret : « objet qui assure la protection ». Même chose pour //arx // « citadelle », qui est le refuge face aux attaques : c’est à la fois ce qui enferme les habitants (et leurs biens précieux) et ce qui repousse l’agression.
  
  
-est plutôt un déverbatif de +[[Watkins]] (1968) avait brièvement étudié la famille de //arceō//, en mettant en évidence le parallélisme de formation entre le verbe latin archaïque //porceō// et la combinaison hittite //pē// //ḫark-// « hinhalten ; have along, have with one ». En hittite, //pē//  
 +fonctionne comme adverbe ou préverbe, en combinaison avec d’autres préverbes à sens local. On peut le retrouver également, soudé au radical depuis très longtemps, dans des verbes comme //pāi-/piya-//, louvite //piya-//, louvite hiéroglyphique //pia-// « donner »((Verbe en //-ḫi, piḫḫi, paišti, pāi//.)) et //pāi-// « aller »((Verbe en //-mi, pāimi, pāiši, pāitti//.)). Ce dernier verbe reposerait sur *//pē-ei-//, et ferait couple avec //uwa-// « venir » < *//au-ei-//. [[Watkins]] (1968, 72) admettait que ces deux formations, malgré l’énorme écart chronologique, étaient tout à fait comparables aux formes russes (infinitifs) //pojiti// « aller » / //ujiti// « venir ». 
  
  
-ἀρκέωétant donné la rareté du nom ἄρκος.+Des interprétations totalement différentes de //pai-<sup>i</sup>/pi-// et //payi-<sup>zi</sup>/pai-// sont proposées dans [[Kloekhorst]] (2008) ou [[Œttinger]] (2002). Toutefoisle même Kloekhorst ne semble pas rejeter le rapprochement fait par Watkins entre //porceō// et //pē// //ḫark-//. Mais si l’on fait venir //pē// de *//h<sub>1</sub>poi-// (Kloekhorst) ou de *//poi-// (Œttinger), l’explication du //po//- latin devient plus difficile.
  
 +Quelle est la formation exacte d’//arceō// ? Watkins en faisait un verbe d’état en //-ē-//, qu’il rapprochait, pour le sens, de //habēre// et //tenēre//. Est-ce un hasard en effet si //arcēre//, dont le sens premier était celui de « tenir », est un verbe du même type que //habēre// et //tenēre//, qui sont de même sens ? Toutefois, cette solution n’est pas la seule possible. //Arcēre// est toujours en latin un verbe transitif, et on ne peut pas prouver que ce fût auparavant un intransitif((Alors qu’on peut reconstituer l’histoire de //tenēre// ancien verbe d’état, par rapport à //tendere//, verbe transitif.)). Toutefois, Benveniste (« Etre et avoir dans leurs fonctions linguistiques » //[[PLG I]]//, 199) avait montré que les verbes « avoir » étaient en fait, par leur sens, de véritables verbes d’état((Benveniste (//[[PLG I]]//, 199): « Tout s’éclaire en effet quand on reconnaît avoir pour ce qu’il est, un verbe d’état. Etre est l’état de l’étant, de celui qui est quelque chose ; avoir est l’état de l’ayant, de celui à qui quelque chose est. Avoir n’est qu’un “être-à” retourné. »)). 
  
-Si ce nom est ancien+//Arcēre// pourrait encore être un verbe en *‑//éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-// (un « itératif-intensif ») bâti sur un degré . Ce type de présent (le 1s dans le classement du //[[LIV]]//) est rare((Cf. Garnier (2010454))). Il est un peu représenté en sanscrit : //śv-áy-a-ti// « enfler » (%%*%%//ḱu(H)-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>//-), //rucáyati// « luire, briller » (%%*%%//luk-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-//), //hváyati// (av. //zbayeiti//) « appeler » (%%*%%//ǵhuH-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>//-). On peut ajouter le germ. commun %%*%%//þuŋk-jan<sup>an</sup>// « sembler, paraître », got. //þugkjan//, all. mod. //dünken//. En latin, outre le probable //arceō//, on citera //urgeō//, d’une racine %%*%%//wreg-// « poursuivre » (got. //wrekan//), //cieō//, //augeō//((Cf. Garnier (2010, 454-455), qui évoque un type latin %%*%%CC-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-.)). 
  
  
-en tant que neutre sigmatique, il doit reposer sur un degré //e //:  +Pour l’étude des types « itératif-intensif » et « factitif-causatif » en *-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-, on se reportera à [[Kölligan]] (2004 et 2007)((Brugmann s’était déjà interrogé sur l’ambivalence de cette formation, //Grundriss//, II3/(1913) §163 p247 : « Die Verba dieser klasse fungieren seit uridg. Zeit als Kausativa oder als Iterativa (genauer ist die Bedeutung als iterativ-ziellos zu bezeichnen), bezwIntensiva. »)). Dans le cas d’un verbe comme //arceō//, en face duquel n’existe pas de non intensif, on peut penser qu’il s’agit d’un renouvellement formel ; si l’on en juge par le hittite, la racine avait donné d’abord un verbe athématique. Or le latin n’a pas conservé vivante la conjugaison athématique. Par ailleurs, les statuts respectifs du hittite //ḫark-<sup>zi</sup>// et du latin //arcēre// sont différents ; le verbe hittite appartient au vocabulaire fondamental et s’est même auxiliariséil ressemble fort à fr. //avoir//, alors que //arcēre// est un verbe à valeur lexicale pleine.
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-%%*%%//h<sub>2</sub>erk-// > %%*%%//ark-//.  +
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-S’ajoute le dérivé primaire homérique ἄρκιος +
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-« assuré, sur quoi on peut compter ». C’est pourquoi Chantraine suppose que la notion de sûreté, sécurité est fondamentale dans la racine.  +
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-L’arménien possède un radical //arg-// généralement rapporté à la présente racine : le substantif //argel// « obstacle, empêchement » et aussi « prison, surveillance » (qui traduit gr.  +
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-φυλακή +
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-), les verbes //argelum//, //argelem//, //argilel// « faire obstacle, interdire, empêcher », //argelanim// « être empêché, rencontrer un obstacle »[[ +
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-]]. Le radical //arg-// présente une difficulté phonétique, l’absence de palatalisation de la vélaire.  +
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-L’allemand //Riegel // « verrou », v.h.a. //rigil// est supposé reposer également sur le degré   +
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-En latin, nous rencontrons deux difficultés : la formation de  +
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-, et la question du sens.  +
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-fait partie d’une famille (mais est-elle synchroniquement sensible aux locuteurs ?) dont le radical immobile est //arc-//: //arx//, //arca//.  +
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-Le dictionnaire Ernout-Meillet rejette l’apparentement de //arx// et //arceō//, voulant voir dans ce substantif un emprunt étranger, comparable à //urbs// (lequel mot peut, lui aussi, être étymologisé en latin). En réalité, //arx// est indubitablement un nom-racine, et plus personne ne le conteste raisonnablement aujourd’hui. +
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-Pour //arceō//, le dictionnaire Ernout-Meillet donne deux sens principaux, dont les orientations sémantiques sont antithétiques :  +
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-1° « contenir, maintenir », sens non attesté dans les textes, et donné seulement par les glossateurs ;  +
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-2° « maintenir au loin, écarter », sens bien attesté. Ce dernier sens est celui qu’on retrouve en grec, dans  +
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-ἄρκος « protection » et ἀρκέω « repousser, écarter ; protéger ».  +
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-Il paraît probable que le hittite a gardé le sens originel de la racine, « tenir, détenir, retenir, contenir »[[ +
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-Les évolutions sémantiques des verbes « tenir » sont souvent variées. Il faut compter également avec des effets de « dépréverbation ». Plus exactement, le verbe a pu intégrer une nouvelle signification qu’il avait acquise en combinaison avec un préverbe ou un élément adverbial tenant lieu de proto-préverbe. On pense p +
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-à //cēdere//, qui peut signifier « aller, s’avancer » ou « se retirer, reculer ».  +
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-En français, le verbe contenir a les deux orientations : « enfermer en soi » ou « empêcher de pénétrer, d’avancer » (« contenir l’ennemi, la foule »). +
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-Le substantif //arca// « coffre, cassette » permet peut-être de faire le lien entre les deux orientations sémantiques : l’//arca// sert à garder, contenir des objets précieux, et du même coup, il les protège. //Arca// est peut-être un ancien nom d’action, « protection », passé au concret : « objet qui assure la protection ». Même chose pour //arx // « citadelle », qui est le refuge face aux attaques : c’est à la fois ce qui enferme les habitants (et leurs biens précieux) et ce qui repousse l’agression.  +
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-]]. Il est un peu représenté en sanskrit dans //śv-áy-a-ti// « enfler » (%%*%%//ḱu(H)-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-//), //rucáyati// « luirebriller » (%%*%%//luk-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-//), //hváyati // (av//zbayeiti//) « appeler » (%%*%%//ǵhuH-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-//). On peut ajouter le germanique commun %%*%%//þuŋk-jan<sup>an</sup>// « semblerparaître », got//þugkjan//, allmod. //dünken//. En latin, outre le probable //arceō//, on citera //urgeō//, d’une racine %%*%%//wreg-// « poursuivre » (got. //wrekan//), et //cieō// [[ +
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-Pour l’étude des types « itératif-intensif » et « factitif-causatif » en //%%*%%-éy<sup>e</sup>/<sub>o</sub>-//, on se reportera à Kölligan (2004 et 2007). Dans le cas d’un verbe comme //arceō//, en face duquel n’existe pas de non intensif, on peut penser qu’il s’agit d’un renouvellement formel ; si l’on en juge par le hittite, la racine avait donné d’abord un verbe athématique. Or le latin n’a pas conservé vivante la conjugaison athématique. Par ailleurs, les statuts respectifs du hittite  +
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-et du latin //arcēre// sont différents ; le verbe hittite appartient au vocabulaire fondamental et s’est même auxiliarisé il ressemble fort à fr. //avoir//, alors que +
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-est un verbe à valeur lexicale pleine+
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-Nous ajouterons, à propos de la formation de  +
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-arcēre +
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-, une remarque personnelle : est-ce un hasard si //arcēre//, dont le sens premier était celui de « tenir », est un verbe du même type que //habēre// et //tenēre//, qui sont de même sens ? +
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-Le préverbé //coerceō// signifie « enserrer, enfermer, contenir, contraindre », d’où « réprimer, faire rentrer dans le rang ». Pour le sens, il est proche de //cōgō, -ere// « contraindre ».+
  
  
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-L’osque a un verbe //tríbarakavúm// (inf.) « bâtir, ériger, aedificare », supposé être le dénominatif d’un composé non attesté %%*%%//trēb-ark-// « constructeur », le premier membre étant le nom de la maison //trííbúm// (base %%*%%//trēb-//)[[ +Le radical de //arcēre// a fini par développer le sème de « contrainte », qui était implicite dans tous ses emplois, notamment dans les développements au sens de « tenir quelqu’un à l’écart de, empêcher quelqu’un de, interdire à quelqu’un de ». Cette notion se retrouverenforcée par le préverbe, dans //coerceō// « enserrerenfermercontenircontraindre »d’où « réprimer, faire rentrer dans le rang ». Pour le sens, //coerceō// est proche de //cōgō, -ere// « contraindre »
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-]]. Ce type de verbe dénominatif tiré d’un composé est illustré par exemple en latin par //aestimāre// [[ +
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-]]. Cela étanten raison du parallélisme de formation entre //aedificāre// et //tríbarakavúm//, on peut aussi penser que le verbe osque comporte, en deuxième positionune forme du verbe spécifique à la compositionen //-ā-//, comme l’est //‑ficāre// par rapport à //facere//. Reste le problème du sens : la racine  +
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-%%*%%//h<sub>2</sub>erk-// n’a nulle part le sens de « bâtir ». Peut-on penser que le radical verbal //ark-//non attesté par ailleurs en osquea pu fonctionner dans cette langue comme verbe-support ? +
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-Ce verbe sert aussi d’auxiliaireen combinaison avec un participe au neutrepour former une sorte de « passé composé ». +
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-Cf. //LIV//, dont la notice est remarquablement brève, les formes issues de cette racine étant peu nombreuses. +
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-qui propose comme sens premier « to ward off, to defend, to keep under control », et, avant lui, CHANTRAINE. +
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-Cf. GARNIER (2010, 454). +
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-]]  +
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-Cf. GARNIER (2010, 454-455), qui évoque un type latin %%*%%CC- +
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 +Quant à //exerceō//, qui a connu un grand développement spécifique et a rompu les attaches avec son point de départ, il doit comporter un //ex-// de « renforcement, d’« intensification » : « exercer une forte contrainte sur », d’où les divers emplois qui s’ordonnent autour de l’idée de « ne pas laisser en repos ». La spécialisation la plus fameuse est dans le domaine militaire, « faire faire l’exercice aux troupes », d’où //exercitus// « exercice » puis « armée ». À titre de comparaison, on peut évoquer l’allemand //drillen// qui, ayant développé, à partir de « percer, forer, vriller, faire tourner », l’idée générale de « ne pas laisser en repos », s’est spécialisé dans le lexique militaire pour désigner l’exercice((all. //Drill // « exercice » et « discipline militaire », depuis le 17<sup>e</sup>s. et surtout le 19<sup>e</sup>, all. //Drillmeister// « instructeur ». Cf. W. Pfeifer, //Etymologisches Wörterbuch des Deutschen//, Berlin, 1989, //s.u//.)). Les mots anglais //drill// substantif et //to drill//, qui ont à peu près les mêmes emplois, ont dû être empruntés au bas-allemand/néerlandais((D’après l’//Oxford English Dictionary//, //s.u//. //drill// <sup>3</sup>pour le verbe et //drill// <sup>2</sup>pour le substantif)). 
  
-[7] 
  
 +Un substantif falisque est peut-être à rattacher au thème de //arcēre//; il s’agit de //arcentelom//, si l’on accepte l’analyse de [[Martzloff]] (2006). Le mot figure dans l’inscription dite de Cérès (Ve 241). Cet //arcentelom// était auparavant considéré comme apparenté au nom de l’« argent », lat. //argentum// (cf. [[Watkins]] 1968). Il faudrait lire /argentelom/, ce qui est possible, le falisque, selon l’usage étrusque, ne notant pas de manière distincte sourdes et sonores. [[Martzloff]] (2006) montre que cette hypothèse est peu plausible compte tenu du contexte ; il propose de rattacher //arcentelom// à //arceo// et de lui donner le sens de « remède », c’est-à-dire de « moyen d’écarter (//arcēre//) la maladie ». Il compare, pour le sens, gr. ἀλεξιφάρμακον « remède qui repousse (la maladie) ». Il est vrai que //arcēre// est couramment employé par certains auteurs pour signifier le fait de repousser un désagrément ou une calamité, par exemple Columelle 7, 12, 12 : //rabies arcetur// « on écarte la rage » (en coupant l’extrémité de la queue des chiens quarante jours après leur naissance). Il est question de repousser la violence du soleil, des vents ou des pluies en 3, 19, 18 ; 4, 22, 7 ; 4, 24, 24 ; 4, 29, 23 ; 9, 7, 8. 
  
-]]  
  
 +Comme nous l’avons signalé, le thème verbal //arcē-// n’est à la base d’aucun dérivé nominal en latin ; il serait donc fort intéressant d’avoir en falisque un dérivé fait sur 
 +//arcēre//.
  
-Cf. WOU. 
  
 +Il y a peut-être une trace d’un ancien impératif %%*%%//arkē// en ombrien. Festus évoque la formule //ARSEUERSE//, qu’il attribue à l’étrusque : 
  
-[[ 
  
 +    * Paulus ex Festo 17, 16-18L ://arseuerse auerte ignem significat. Tuscorum enim lingua arse auerte, uerse ignem constat appellari. Vnde Afranius ait : Inscribat aliquis in ostio arseuerse//.
  
-[8]+Dans cette formule d’imprécation, [[Machajdíková](2012, 16-18) propose de retrouver un mot ombrien. Selon elle en effet, les formules de ce genre circulent assez facilement d’une langue à une langue voisine. Il serait difficile d’expliquer une forme verbale //arse// à l’intérieur de l’étrusque. En revanche, un impératif %%*%%//arkē// aboutirait régulièrement en ombrien à %%*%%//arkį// (avec //e// fermé ou //i// ouvert), puis %%*%%//arśį // par palatalisation. La consonne palatalisée peut être rendue en étrusque et en latin par la sifflante, comme il y en a quelques exemples. Le verbe //arcēre// peut, en latin, s’appliquer à l’incendie.
  
 +L’osque a un verbe //tríbarakavúm// (inf.) « bâtir, ériger, lat. //aedificare// », supposé être le dénominatif d’un composé non attesté %%*%%//trēb-ark-// « constructeur », le premier membre étant le nom de la maison //trííbúm// (base %%*%%//trēb//-)((Cf. //[[WOU]]//)). Ce type de verbe dénominatif tiré d’un composé est documenté par exemple en latin par //aestimāre// ((Si l’on accepte la vieille explication de Havet par //aes// et %%*%%//tomos//, %%*%%//aes-tomos// « qui découpe le bronze ». Explication rejetée, à tort selon nous, par De Vaan.)). Cela étant, en raison du parallélisme de formation entre //aedificāre// et //tríbarakavúm//, on peut aussi penser que le verbe osque comporte, en deuxième position, une forme du verbe spécifique à la composition, en //-ā-//, comme l’est ‑//ficāre// par rapport à //facere//. Reste le problème du sens : la racine *//h<sub>2</sub>erk-// n’a nulle part le sens de « bâtir ». Peut-on penser que le radical verbal //ark-//, non attesté par ailleurs en osque, a pu fonctionner en cette langue comme verbe support ?
  
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-Si l’on accepte la vieille explication de HAVET par //aes// et %%*%%//tomos//, %%*%%//aes-tomos// « qui découpe le bronze ». Explication rejetée, à tort selon nous, par De VAAN. 
  
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