Différences

Cette page vous donne les différences entre la révision choisie et la version actuelle de la page.

dictionnaire:arma5 [2012/12/29 15:15]
lestrade
dictionnaire:arma5 [2014/12/16 15:23] (Version actuelle)
desiderio
Ligne 1: Ligne 1:
-<html><div class="titre">arma, -ōrum  (n. pl.)</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">arma, -ōrum  (n. pl.)</p></html> <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> 
- +\\
 ---- ----
 +\\
  
 ====== 5. Place dans le lexique latin ====== ====== 5. Place dans le lexique latin ======
Ligne 11: Ligne 10:
  
  
-Le substantif //arma// est formé à partir du radical latin //ar//- hérité de i.-e. %%*%%//h<sub>2</sub>er- // (cf. [[:dictionnaire:6.2|§ 6.2]] ) « ajuster, adapter » avec le suffixe %%*%%-//mo-// ici au neutre collectif.+Le substantif //arma// est formé à partir du radical latin //ar//- hérité de i.-e. %%*%%//h<sub>2</sub>er- // (cf. [[:dictionnaire:arma6#6.2. Etymologie et origine|§ 6.2]] ) « ajuster, adapter » avec le suffixe %%*%%-//mo-// ici au neutre collectif.
 ===== 5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins ===== ===== 5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins =====
  
  
-Les auteurs qui ont donné une étymologie à //arma// rapprochent le lexème soit du verbe //arcere// « écarter », soit du nom de l’épaule, //armus, -i// M. (sur la parenté étymologique d’//arma// et //armus//, cf. [[:dictionnaire:6.2|§ 6.2]] ). Ces deux rapprochements montrent que l’aspect défensif des armes désignées par //arma// était saillant pour les locuteurs, du moins pour ces locuteurs savants qu’étaient Varron, Verrius Flaccus (dont le texte nous a été transmis par Festus puis Paul Diacre) ou Servius :+Les auteurs qui ont donné une étymologie à //arma// rapprochent le lexème soit du verbe //arcere// « écarter », soit du nom de l’épaule, //armus, -i// M. (sur la parenté étymologique d’//arma// et //armus//, cf. [[:dictionnaire:arma6#6.2. Etymologie et origine|§ 6.2]] ). Ces deux rapprochements montrent que l’aspect défensif des armes désignées par //arma// était saillant pour les locuteurs, du moins pour ces locuteurs savants qu’étaient Varron, Verrius Flaccus (dont le texte nous a été transmis par Festus puis Paul Diacre) ou Servius :
  
  
-    * Varr. //L//. 5, 115 : **//Arma// ** //ab arcendo, quod his arcemus hostem//  (Cassiod. in psalm. 34, 21. 45A)\\  « //Arma//  (‘armes’) vient de //arcere//  (‘écarter’), parce que c’est par les armes que nous écartons l’ennemi. » +    * Varr. //L//. 5, 115 : **//Arma// ** //ab arcendo, quod his arcemus hostem//   (Cassiod. in psalm. 34, 21. 45A)\\  « //Arma//   (‘armes’) vient de //arcere//   (‘écarter’), parce que c’est par les armes que nous écartons l’ennemi. » 
-    * P.-Fest. 3, 24-26 L : **//Arma// ** //proprie dicuntur ab **armis**, id est humeris, dependentia, ut scutum, gladius, sica//; //ut ea, quibus procul proeliamur, tela//. \\  « //Arma//  se dit en termes propres des armes qui pendent aux //armi//, c’est-à-dire aux épaules, comme le bouclier, le glaive, le poignard ; de même que l’on appelle //tela //  celles qui servent à combattre de loin. » + 
-    * Serv. //Aen//. 4, 495 : //proprie //  [//…//] **//arma// ** //sunt quae **armos**  tegunt//  (=Isid. //orig//. 18, 5, 2 qui add. uel apo tou Areos). \\  « les //arma//  (‘armes’) sont en termes propres ce qui protège les //armi //  (‘épaules’). »((La source de ces trois citations est l’ouvrage de R. MALTBY ; voir d’autres citations sous les dérivés et composés d’ arma  et d ’arm re  arm ment rium  arm rium, armentum, armiger, armilla, armipotens, armo, inermis, Sarmatae ))+    * P.-Fest. 3, 24-26 L : **//Arma// ** //proprie dicuntur ab **armis**, id est humeris, dependentia, ut scutum, gladius, sica//; //ut ea, quibus procul proeliamur, tela//. \\  « //Arma//   se dit en termes propres des armes qui pendent aux //armi//, c’est-à-dire aux épaules, comme le bouclier, le glaive, le poignard ; de même que l’on appelle //tela //   celles qui servent à combattre de loin. » 
 + 
 +    * Serv. //Aen//. 4, 495 : //proprie //   [//…//] **//arma// ** //sunt quae **armos**   tegunt//   (=Isid. //orig//. 18, 5, 2 qui add. uel apo tou Areos). \\  « les //arma//   (‘armes’) sont en termes propres ce qui protège les //armi //   (‘épaules’). »((La source de ces trois citations est l’ouvrage de R. MALTBY ; voir d’autres citations sous les dérivés et composés d’ arma  et d ’armāre,  armāmentārium,  armārium, armentum, armiger, armilla, armipotens, armo, inermis, Sarmatae.))
  
  
Ligne 26: Ligne 27:
  
  
-Sur le substantif //arma//  furent bâtis de plusieurs dérivés et composés dont le sémantisme s’organise autour des idées d’armes et d’équipements.+Sur le substantif //arma//   furent bâtis plusieurs dérivés et composés dont le sémantisme s’organise autour des idées d’armes et d’équipements.
  
  
Ligne 32: Ligne 33:
  
  
-- un verbe dénominatif en -//ā//- : //arma, -ōrum//  → //armā//-//re//  « armer » (Cic. +), sur le thème duquel sont formés les substantifs déverbaux : +  * Un verbe dénominatif en -//ā//- : //arma, -ōrum//   → //armā//-//re//   « armer » (Cic. +), sur le thème duquel sont formés les substantifs déverbaux : \\  •  // armā-  //   // → //   //arm////ā-menta, -ōrum  //   n. pl. (Pl. +) « outil(s), outillage » (collectif) avec le suffixe -//mentum//   productif en latin (cf. //ornā-mentum//) et passé dans les langues romanes (cf. fr. –//ment//) ; sur ce dérivé en -//mentum//, fut construit le substantif //armā-ment-ārium, -ī//   n. « arsenal » avec le suffixe -//ārium//   productif pour les endroits où l’on garde les objets dénotés par la base de suffixation (litt. « endroit où l’on garde les armes » ; Cic, Liv., Plin.) \\ • //armā-//   → //arm////ā//-//tūra //   (Cic. +) : « armures, armes, troupes » avec le suffixe latin -//tūra //   productif pour former des noms d’objets concrets manufacturés ;  \\ //• armā- //   → //arm////ā//-//tus, -tūs //   M. « armes, soldats en armes, troupes » (Liv.) avec le suffixe hérité %%*%%-//tu-//   de noms de procès non productif en latin ; le terme, de faible fréquence (et surtout employé à l’ablatif singulier //armātū//), prend ici valeur concrète.  
-• // armā-  //  // → //  //arm// //ā-menta, -ōrum  //  n. pl. (Pl. +) « outil(s), outillage » (collectif) avec le suffixe -//mentum//  productif en latin (cf. //ornā-mentum//) et passé dans les langues romanes (cf. fr. –//ment//) ; sur ce dérivé en -//mentum//, fut construit le substantif //armā-ment-ārium, -ī//  n. « arsenal » avec le suffixe -//ārium//  productif pour les endroits où l’on garde les objets dénotés par la base de suffixation (litt. « endroit où l’on garde les armes » ; Cic, Liv., Plin.) +
-• //armā-//  → //arm// //ā//-//tūra //  (Cic. +) : « armures, armes, troupes » avec le suffixe latin -//tūra //  productif pour former des noms d’objets concrets manufacturés ; +
-//• armā- //  → //arm// //ā//-//tus, -tūs //  M. « armes, soldats en armes, troupes » (Liv.) avec le suffixe hérité %%*%%-//tu-//  de noms de procès non productif en latin ; le terme, de faible fréquence (et surtout employé à l’ablatif singulier //armātū//), prend ici valeur concrète. +
- +
- +
-- un substantif en -//ārium//, suffixe latin productif utilisé pour renvoyer à la pièce où l’on garde les objets dénotés par le substantif de base : //arm-//  //ārium, -ī //  n. « armoire, buffet » (litt. « endroit où l’on garde les équipements ») et son diminutif  en -//olum//  (allomorphe de -//ulum//  phonétiquement conditionné, issu de %%*%%-//lo//-) : //arm-// //āri-olum//  (Pl. +) « petite armoire ». +
-L’adjectif //arm// //ā //-//tus, -a, -um //  « armé, en armes, qui porte des armes » (Enn. +) peut être considéré soit comme un adjectif possessif en %%*%%-//to//- désubstantival sur //arma//  « armes » au sens de « qui est pourvu d’armes, armé », soit comme le participe parfait passif du verbe //armāre//  « armer » au sens de « armé, ayant été armé ». De toute façon, le terme fut substantivé au masculin : //armātus, -ī//  M. « homme en armes », surtout usité au pluriel //armātī, -ōrum//  « gens armés, troupe en armes ».+
  
 +  * Un substantif en -//ārium//, suffixe latin productif utilisé pour renvoyer à la pièce où l’on garde les objets dénotés par le substantif de base : //arm-//   //ārium, -ī //   n. « armoire, buffet » (litt. « endroit où l’on garde les équipements ») et son diminutif  en -//olum//   (allomorphe de -//ulum//   phonétiquement conditionné, issu de %%*%%-//lo//-) : //arm-//  //āri-olum//   (Pl. +) « petite armoire ».  
  
 +  *  L’adjectif //arm////ā //-//tus, -a, -um //   « armé, en armes, qui porte des armes » (Enn. +) peut être considéré soit comme un adjectif possessif en %%*%%-//to//- désubstantival sur //arma//   « armes » au sens de « qui est pourvu d’armes, armé », soit comme le participe parfait passif du verbe //armāre// « armer » au sens de« armé, ayant été armé ». De toute façon, le terme fut substantivé au masculin : //armātus, -ī//   M. « homme en armes », surtout usité au pluriel //armātī, -ōrum// « gens armés, troupe en armes».
 Les chaînes de dérivation peuvent se résumer ainsi : Les chaînes de dérivation peuvent se résumer ainsi :
  
  
-//Arma //  subst. →+//Arma //   subst. →
  
  
-    * 1°)  ===  // arm-ārium //  subst. « lieu où se trouvent les équipements » → // arm-āri-olum //  diminutif +  - // arm-ārium //   subst. « lieu où se trouvent les équipements » \\ → // arm-āri-olum //   diminutif 
-    * 2°) //arm-ā-re//  verbe « armer, manipuler des //arma//  »  \\  →  //armā-menta//  subst. « équipements, armes » \\  → //armā-ment-ārium//  subst. « lieu où se trouvent les équipements ou les armes » \\  → //armā-tura//  subst. « armes, etc. » \\  → //armā-tus, -a, -um//  « armé » (%%*%%-//to//-) \\  → //armātus, -i//  M. « homme en armes » \\  → //armā-tus, -tūs//  M. « troupe armée » (%%*%%-//tu//-)+  - //arm-ā-re//   verbe « armer, manipuler des //arma//   »  \\  →  //armā-menta//   subst. « équipements, armes » \\  → //armā-ment-ārium//   subst. « lieu où se trouvent les équipements ou les armes » \\  → //armā-tura//   subst. « armes, etc. » \\  → //armā-tus, -a, -um//   « armé » (%%*%%-//to//-) \\  → //armātus, -i//   M. « homme en armes » \\  → //armā-tus, -tūs//   M. « troupe armée » (%%*%%-//tu//-)
  
  
-B) Composés  avec un premier terme terminé par le // ĭ //  de composition // armĭ-° //:+B) Composés  avec un premier terme terminé par le // ĭ //   de composition // armĭ-° //:
  
  
-- des adjectifs poétiques : +  *  Des adjectifs poétiques : \\ • en °-//gĕr//   et °-//fĕr//: offrant la structure métrique d’un choriambe aux autres formes que le nominatif M. sg. : //armĭ-gĕr //   (Acc. +) « qui porte les armes », //armĭ-fĕr //   (Ov. +) « belliqueux » (litt. « qui porte des armes ») ; \\ • en °//-pŏtēns //://armĭ-pŏtēns//   « puissant par les armes, belliqueux » (Lucr., Virg.) (type faiblement productif : cf. //omnĭ-pŏtēns//, etc.); \\ • //armĭ-sŏn-us, -a, -um  //   « dont les armes retentissent » (Virg.) : dans cet adjectif composé, le second terme contient le radical //sŏn//- renvoyant à la notion de bruit ; on le trouve dans le substantif //sŏnus, -ī//   M. « bruit, son » et dans son verbe dénominatif //sŏnāre//   « faire du bruit ». Il peut s’agir d’un composé du type //agrĭ-cŏl-a//   (litt. « qui cultive (//cŏl//-) les champs (//agr-//) ») à second « terme verbal régissant » au sens de //armĭ-sŏn-us//   « qui fait sonner les armes » ; ou bien on pourrait y voir, moins probablement, un adjectif //bahuvrīhi // ou possessif dont le second terme serait à rapprocher du substantif //sŏnus, -ī // M. « bruit » : litt. « qui a (produit) le bruit des armes».
- +
- +
-en °-//gĕr//  et °-//fĕr//: offrant la structure métrique d’un choriambe aux autres formes que le nominatif M. sg. : //armĭ-gĕr //  (Acc. +) « qui porte les armes », //armĭ-fĕr //  (Ov. +) « belliqueux » (litt. « qui porte des armes ») ; +
- +
- +
-en °//-pŏtēns //://armĭ-pŏtēns//  « puissant par les armes, belliqueux » (Lucr., Virg.) (type faiblement productif : cf. //omnĭ-pŏtēns//, etc.); +
- +
- +
-//armĭ-sŏn-us, -a, -um  //  « dont les armes retentissent » (Virg.) : dans cet adjectif composé, le second terme contient le radical //sŏn//- renvoyant à la notion de bruit ; on le trouve dans le substantif //sŏnus, -ī//  M. « bruit, son » et dans son verbe dénominatif //sŏnāre//  « faire du bruit ». Il peut s’agir d’un composé du type //agrĭ-cŏl-a//  (litt. « qui cultive (//cŏl//-) les champs (//agr-//) ») à second « terme verbal régissant » au sens de //armĭ-sŏn-us//  « qui fait sonner les armes » ; ou bien on pourrait y voir, moins probablement, un adjectif //bahuvrīhi //  ou possessif dont le second terme serait à rapprocher du substantif //sŏnus, -ī //  M. « bruit » : litt. « qui a (produit) le bruit des armes ». +
- +
- +
-- un substantif composé du vocabulaire religieux, donc probablement ancien : //armĭ-lustr-ium //  (Varr. +) « purification de l’armée » (Varr.) et « lieu où se faisait la purification » (Liv.). Le radical du second terme //lustr//- renvoie au procès du sacrifice expiatoire et il figure dans le verbe //lustrāre //  « purifier (par un sacrifice)» et dans le nom de procès //lustrum, -ī//  n. « sacrifice expiatoire » (ce dernier étant la base de suffixation du verbe dénominatif //lustr-ā-re//  litt. « faire un //lustrum//  »). Le suffixe -//ium//  n. ajouté en position finale derrière le second terme de composé sert à « synthétiser » la succession des deux morphèmes lexicaux en un lexème unique. +
-En raison de ce lien spécifique entre les armes, l’armée et les combats dans le sémantisme d’//arma//, c’est ce terme qui est privilégié dans l’épopée lorsqu’il s’agit de qualifier les armes comme effrayantes, éclatantes – avec toute la symbolique de la lumière et son ambivalence. +
  
 +  * un substantif composé du vocabulaire religieux, donc probablement ancien : //armĭ-lustr-ium //   (Varr. +) « purification de l’armée » (Varr.) et « lieu où se faisait la purification » (Liv.). Le radical du second terme //lustr//- renvoie au procès du sacrifice expiatoire et il figure dans le verbe //lustrāre //   « purifier (par un sacrifice)» et dans le nom de procès //lustrum, -ī//   n. « sacrifice expiatoire » (ce dernier étant la base de suffixation du verbe dénominatif //lustr-ā-re//   litt. « faire un //lustrum//   »). Le suffixe -//ium//   n. ajouté en position finale derrière le second terme de composé sert à « synthétiser » la succession des deux morphèmes lexicaux en un lexème unique. En raison de ce lien spécifique entre les armes, l’armée et les combats dans le sémantisme d’//arma//, c’est ce terme qui est privilégié dans l’épopée lorsqu’il s’agit de qualifier les armes comme effrayantes, éclatantes – avec toute la symbolique de la lumière et son ambivalence.
 ===== 5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes ===== ===== 5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes =====
  
  
-Comme le [[:dictionnaire:arma4|§ 4]] permet de l’observer, //arma//  entretient des relations de proximité sémantique, voire de synonymie avec //tela, exercitus//  et //bellum//: +Comme le [[:dictionnaire:arma4|§ 4]] permet de l’observer, //arma//   entretient des relations de proximité sémantique, voire de synonymie avec //tela, exercitus//   et //bellum//:
- +
- +
-==== 5.4.1. Avec //tela//  (sens A) ==== +
- +
- +
-//arma  //  se dit des armes défensives en face de //tela //  usité pour les armes offensives. Cette distinction, assez souvent observée (//Bel. Alex. //  9, 3 ; Sall. //C. //  51, 38 ; Ov. //M. //  11, 382 ; Virg. //A. //  10, 841 ; Liv. 10, 4, 2 ; Tac. //H. //  4, 46, etc.), se retrouve dans toute une tradition philologique (P.-Fest. 3, 24-26 ; Isid. //Orig. //  18, 5). Elle n’a, cependant, rien de systématique puisqu’//arma //  et //tela //  désignent souvent les armes en général. D’ailleurs //arma //  s’applique métaphoriquement, entre autres, aux armes de l’éloquence, qu’elles permettent de se défendre ou d’attaquer. +
- +
- +
-Les //arma //  forment un équipement et les expressions //esse in armis, esse sub armis //  se disent de celui qui est préparé pour, dans l’instant, participer à une opération militaire. Le //telum //  est isolé et //esse cum telo//, qui se dit d’un civil, qualifie celui qui peut faire le coup de poing. +
- +
- +
-5.4.2. +
- +
- +
-Avec //exercitus //  (sens B) +
- +
- +
-Lorsqu’//arma//  désigne, par métonymie, +
- +
- +
-l’ensemble formé par les soldats, il peut équivaloir, sur le plan référentiel, à //exercitus//. Ce nouvel emploi a sans doute été influencé par //armatus, -i //  M. « (homme) en armes », c’est-à-dire pourvu de son équipement militaire pour en faire usage. Inversement, //arma //  finit par devenir l’équivalent d’//armatus//. +
- +
- +
-Une nuance peut distinguer les deux substantifs. Il n’est pas rare que le contexte d’//arma//  [[:dictionnaire:1|[1]] ] [[:dictionnaire:2|[2]] ]  souligne la diversité des composantes, hommes et équipements : +
- +
- +
-Caes. //B. G. //  7, 4, 8 : […] **//armorum//  **  //quantum quaeque ciuitas //  [//…//]//efficiat constituit ; inprimis equitatui studet //  […] +
- +
- +
-« […] il fixe à quel nombre d’**hommes en armes**  chaque cité doit arriver ; il donne un soin particulier à la cavalerie […] » +
- +
- +
-Cic. //Mil. //  61  (à propos des rapports entre Milon et Pompée) : […] //eius potestati cui senatus totam rem publicam, omnem Italiae pubem, **cuncta populi Romani arma**  commiserat. //  […] +
  
-« […] l’autorité de celui à qui le sénat avait remis l’tat tout entier, toute la jeunesse de l’Italie, **toutes les forces militaires du peuple Romain**  […]. » (trad. A. Boulanger, 1967, CUF) 
  
 +==== 5.4.1. Avec tela (sens A) ====
  
-Un passage du chant 10 de l’//néide//  montre née en train de rechercher l’alliance de Tarchon, roi des Etrusques (v. 149-151) : 
  
 +//Arma  //   se dit des armes défensives en face de //tela //   usité pour les armes offensives. Cette distinction, assez souvent observée (//Bel. Alex. //   9, 3 ; Sall. //C. //   51, 38 ; Ov. //M. //   11, 382 ; Virg. //A. //   10, 841 ; Liv. 10, 4, 2 ; Tac. //H. //   4, 46, etc.), se retrouve dans toute une tradition philologique (P.-Fest. 3, 24-26 ; Isid. //Orig. //   18, 5). Elle n’a, cependant, rien de systématique puisqu’//arma //   et //tela //   désignent souvent les armes en général. D’ailleurs //arma //   s’applique métaphoriquement, entre autres, aux armes de l’éloquence, qu’elles permettent de se défendre ou d’attaquer.
  
-[…] //regi memorat nomenque genusque//  
  
 +Les //arma //   forment un équipement et les expressions //esse in armis, esse sub armis //   se disent de celui qui est préparé pour, dans l’instant, participer à une opération militaire. Le //telum //   est isolé et //esse cum telo//, qui se dit d’un civil, qualifie celui qui peut faire le coup de poing.
  
-//quidue petat quidue ipse ferat, Mezentius **arma**  //  
  
 +==== 5.4.2. Avec exercitus (sens B) ====
  
-//quae sibi conciliat  //  […] 
  
 +Lorsqu’//arma// désigne, par métonymie, l’ensemble formé par les soldats, il peut équivaloir, sur le plan référentiel, à //exercitus//. Ce nouvel emploi a sans doute été influencé par //armatus, -i //   M. « (homme) en armes », c’est-à-dire pourvu de son équipement militaire pour en faire usage. Inversement, //arma //   finit par devenir l’équivalent d’//armatus//.
  
-« […] il dit au roi son nom et sa race, ce qu’il demande et ce que lui-même apporte, l’instruit des **armes**  que Mézence gagne à sa cause » 
  
 +Une nuance peut distinguer les deux substantifs. Il n’est pas rare que le contexte d’//arma// souligne la diversité des composantes, hommes et équipements :
  
-J. Perret (1987, CUF) rend //arma //  par « armes », mais il s’agit à la fois des armes et des hommes que Mézence réunit, c’est-à-dire les forces armées. 
  
 +    * Caes. //B. G. //   7, 4, 8 : […] **//armorum//   **   //quantum quaeque ciuitas //   [//…//]//efficiat constituit ; inprimis equitatui studet //   […] \\ « […] il fixe à quel nombre d’**hommes en armes**   chaque cité doit arriver ; il donne un soin particulier à la cavalerie […] »
  
-5.4.3. 
  
 +    * Cic. //Mil. //   61  (à propos des rapports entre Milon et Pompée) : […] //eius potestati cui senatus totam rem publicam, omnem Italiae pubem, **cuncta populi Romani arma**   commiserat. //   […] \\ « […] l’autorité de celui à qui le sénat avait remis l’tat tout entier, toute la jeunesse de l’Italie, **toutes les forces militaires du peuple Romain**   […]. » (trad. A. Boulanger, 1967, CUF)
  
-Avec //bellum//  (sens C) 
  
 +Un passage du chant 10 de l’//Énéide//  montre née en train de rechercher l’alliance de Tarchon, roi des Etrusques (v. 149-151) :
  
-Assez souvent encore, //arma //  se dit des guerres et rejoint un vaste champ lexical (//bellum, proelium//, etc.). Il équivaut à //bellum //: 
  
 +    * […] //regi memorat nomenque genusque// \\ //quidue petat quidue ipse ferat, Mezentius **arma**   // \\ //quae sibi conciliat  //   […] \\ « […] il dit au roi son nom et sa race, ce qu’il demande et ce que lui-même apporte, l’instruit des **armes**   que Mézence gagne à sa cause »
  
-Cic. //Brut. //  308 : //triennium fuit urbs **sine armis**  sed oratorum aut interitu aut discessu aut fuga //  […] //primas in causis agebat Hortensius.//  
  
 +J. Perret (1987, CUF) rend //arma //   par « armes », mais il s’agit à la fois des armes et des hommes que Mézence réunit, c’est-à-dire les forces armées.
  
-« Pendant trois ans Rome fut **sans guerre**  mais, en raison de la mort, de l’exil ou de la fuite d’orateurs, […] Hortensius était alors l’avocat le plus en vue. » (trad. J.-F. Thomas) 
  
 +==== 5.4.3. Avec bellum (sens C) ====
  
-Il existe cependant un emploi qui les différencie : les syntagmes //bellum parare, indicere, ducere, gerere//  (« préparer, mener la guerre ») n’ont pas de symétrique avec //arma//, ce qui n’est pas sans importance. Une telle situation montre qu’//arma //  n’est pas le terme normal pour la guerre en tant qu’ensemble de combats formant un tout et, à ce titre, organisée selon des règles strictes. De fait, //arma //  se dit plutôt d’opérations armées. Cicéron utilise ainsi //arma //  pour les désordres des guerres civiles et leur caractère de grande confusion révolutionnaire : 
  
 +Assez souvent encore, //arma // se dit des guerres et rejoint un vaste champ lexical (//bellum, proelium//, etc.). Il équivaut à //bellum //:
  
-Cic. //Leg.//  3, 19 : //Nam mihi quidem < potestas > pestifera uidetur, quippe quae in seditione et ad seditionem nata sit. Cuius primum ortum, si recordari uolumus, **inter arma ciuium**  et occupatis et obsessis Vrbis locis procreatum uidemus.//  
  
 +    * Cic. //Brut. //   308 : //triennium fuit urbs **sine armis**   sed oratorum aut interitu aut discessu aut fuga //   […] //primas in causis agebat Hortensius.// \\ « Pendant trois ans Rome fut **sans guerre**   mais, en raison de la mort, de l’exil ou de la fuite d’orateurs, […] Hortensius était alors l’avocat le plus en vue. » (trad. J.-F. Thomas)
  
-« Ce pouvoir me semble désastreux comme devait l’être un pouvoir né dans la sédition et pour la sédition et dont, si l’on pense à son origine première, nous voyons qu’elle s’est faite **au milieu des affrontements entre citoyens**  avec l’occupation ou le blocage des quartiers de la Ville. » (traduction J.-F. Thomas) 
  
 +Il existe cependant un emploi qui les différencie : les syntagmes //bellum parare, indicere, ducere, gerere//   (« préparer, mener la guerre ») n’ont pas de symétrique avec //arma//, ce qui n’est pas sans importance. Une telle situation montre qu’//arma //   n’est pas le terme normal pour la guerre en tant qu’ensemble de combats formant un tout et, à ce titre, organisée selon des règles strictes. De fait, //arma //   se dit plutôt d’opérations armées. Cicéron utilise ainsi //arma //   pour les désordres des guerres civiles et leur caractère de grande confusion révolutionnaire :
  
-Sall. //Iug. //  36, 1 : //Albinus //  [//…//]//statim ipse profectus uti ante comitia, quod tempus haud longe aberat, **armis**  aut deditione aut quouis modo **bellum**  conficeret.//  
  
 +    * Cic. //Leg.// 3, 19 : //Nam mihi quidem < potestas > pestifera uidetur, quippe quae in seditione et ad seditionem nata sit. Cuius primum ortum, si recordari uolumus, **inter arma ciuium**   et occupatis et obsessis Vrbis locis procreatum uidemus.// \\ « Ce pouvoir me semble désastreux comme devait l’être un pouvoir né dans la sédition et pour la sédition et dont, si l’on pense à son origine première, nous voyons qu’elle s’est faite **au milieu des affrontements entre citoyens**   avec l’occupation ou le blocage des quartiers de la Ville. » (traduction J.-F. Thomas)
  
-« Albinus partit aussitôt avant les comices dont la date approchait afin de pouvoir terminer **la guerre**  (//bellum//) à tout prix soit par un **affrontement **  (//arma//) soit par un traité de paix. » 
  
 +    * Sall. //Iug. //  36, 1 : //Albinus //   [//…//]//statim ipse profectus uti ante comitia, quod tempus haud longe aberat, **armis**   aut deditione aut quouis modo **bellum**   conficeret.// \\ « Albinus partit aussitôt avant les comices dont la date approchait afin de pouvoir terminer **la guerre**   (//bellum//) à tout prix soit par un **affrontement **   (//arma//) soit par un traité de paix. »
 +\\
 +[[:dictionnaire:arma4|Aller au § 4]] ou [[:dictionnaire:arma|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:arma6|Aller au § 6]]